Les pêches, les prunes et les cerises sont peut-être abondantes en ce moment dans les supermarchés de l’Ontario, mais la situation pourrait être bien différente l’été prochain.
Plus de 30 centimètres de pluie sont tombés dans certaines parties de la région de Niagara début août. Les inondations qui ont touché ces exploitations agricoles, ces vergers et ces vignobles pourraient finir par faire grimper les prix, selon un biologiste végétal de l’université de Guelph.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Jayasankar Subramanian, professeur spécialisé dans la sélection et la biotechnologie des arbres fruitiers au département d’agronomie, développe des variétés de fruits à chair tendre capables de résister aux conditions de culture ontariennes.
Il a indiqué que les pêchers et les pruniers sont particulièrement vulnérables aux pluies prolongées.
«Les arbres fruitiers n’ont pas de racines profondes, car ils sont greffés sur un porte-greffe», a expliqué M. Subramanian dans un communiqué de presse. «Ils se sont principalement développés dans des régions élevées et vallonnées où le relief ne favorise pas l’engorgement du sol ; par conséquent, leurs racines sont génétiquement très sensibles à l’excès d’eau.»
La péninsule du Niagara produit environ 80 % des pêches vendues au Canada, ce qui signifie que des pertes importantes d’arbres pourraient avoir un impact considérable sur l’approvisionnement du pays.
«Le sentiment général est qu’en raison de la perte anticipée d’arbres, la production connaîtra une baisse dès l’année prochaine», a avancé M. Subramanian. «Il est presque certain que nous assisterons à une hausse des prix l’année prochaine.»
L’impact pourrait également s’étendre bien au-delà de la saison de culture 2027.
M. Subramanian estime qu’il faudrait au moins sept années de conditions météorologiques normales pour que la production de pêches se rétablisse.
«L’une de mes principales préoccupations concerne la disponibilité des arbres à planter dès l’année prochaine», a-t-il déclaré. «Certaines pépinières sont inondées, et comme la demande en jeunes arbres devrait augmenter, il y aura une pénurie de greffons disponibles.»
Le programme de sélection de pêchers de M. Subramanian est en partie soutenu par l’Alliance ontarienne pour l’innovation agroalimentaire, une collaboration entre le gouvernement provincial et l’université de Guelph.

