Une étude de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) indique que le montant des frais bancaires payés par les consommateurs serait moins transparent qu’il ne devrait l’être.
Bien que les frais bancaires semblent relativement modestes pris individuellement, l’agence précise qu’ils peuvent s’accumuler au fil du temps et être parfois moins visibles pour le consommateur, notamment lorsque les frais de change sont intégrés à la transaction.
«Nos banques sont très bien établies et très solides, et elles sont véritablement tournées vers leurs clients. Nous aimerions vraiment qu’elles jouent un rôle actif dans la réduction des frais et veillent à ce que les consommateurs soient bien servis par le secteur bancaire», affirme la commissaire de l’ACFC, Shereen Benzvy Miller, en entrevue.
Les frais bancaires peuvent découler de diverses opérations, notamment la tenue de compte, les opérations, l’accès aux guichets automatiques, l’insuffisance de fonds, les découverts et les devises étrangères.
L’étude a mis en évidence plusieurs raisons pour lesquelles les frais bancaires peuvent être difficiles à percevoir ou à anticiper pour les consommateurs.
Premièrement, lorsque plusieurs frais s’appliquent à une même transaction, les consommateurs paient des coûts plus élevés.
Deuxièmement, les frais sur les devises étrangères et de débits transfrontaliers sont généralement intégrés aux coûts de transaction, ce qui rend le montant payé par les consommateurs moins clair.
Enfin, les frais basés sur l’utilisation peuvent rendre la prévision des coûts plus difficile, surtout si les consommateurs ont du mal à suivre le nombre de transactions qu’ils effectuent.
«Nous gagnerions beaucoup à disposer d’une meilleure information pour les consommateurs, non seulement de manière générale sur les frais et pas seulement au début de votre relation avec ce produit, ce service ou cet établissement, mais tout au long de votre utilisation et de manière régulière», soutient Mme Miller.
L’étude indique que certains clients pourraient être touchés de manière disproportionnée par le coût cumulé des frais, en particulier ceux qui ont des revenus modestes, peu d’épargne ou dépendants de services bancaires quotidiens.
Dans le budget fédéral de 2025, Ottawa a indiqué qu’il collaborerait avec les banques afin d’apporter davantage de transparence aux frais liés aux virements vers l’étranger. Il a également demandé à l’ACFC de préparer un rapport sur la structure, le niveau et la transparence des frais facturés par les banques.
L’ACFC est un organisme gouvernemental qui surveille les tendances et les enjeux touchant les consommateurs de services financiers et mène des recherches afin d’éclairer les décisions politiques.
Le président et chef de la direction de l’Association des banquiers canadiens, Anthony Ostler, a réagi affirmant que les Canadiens font confiance aux banques pour leur fournir des services financiers et des conseils lorsqu’ils traversent des étapes importantes de leur vie.
«Lorsque l’argent est déposé dans une banque au Canada, les dépôts sont assurés et la banque est supervisée par des autorités de régulation qui veillent à ce que les Canadiens soient traités équitablement et que leur argent soit en sécurité», a déclaré M. Ostler dans un communiqué.
«L’Association des banquiers canadiens et ses membres restent déterminés à soutenir les Canadiens et les entreprises canadiennes, en leur apportant un soutien pratique, que ce soit en personne ou par le biais de canaux numériques, et en contribuant à une économie canadienne forte et durable», a-t-il ajouté.

