Économie

Trump intensifie la guerre commerciale avec le Canada en ciblant Bombardier

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Le président américain Donald Trump écoute lors d'un événement sur la guérison des toxicomanes dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 29 janvier 2026 à Washington. (Photo AP/Allison Robbert) Le président américain Donald Trump écoute lors d'un événement sur la guérison des toxicomanes dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 29 janvier 2026 à Washington. (Photo AP/Allison Robbert) (Allison Robbert)

Le président américain Donald Trump menace d’imposer des droits de douane élevés sur les avions fabriqués au Canada, exacerbant ainsi un différend sur la certification aéronautique qui, selon lui, a injustement bloqué les ventes d’avions américains au Canada.

M. Trump a proféré cette menace jeudi dans un message publié sur les réseaux sociaux, accusant le Canada de refuser «à tort» de certifier plusieurs modèles d’avions Gulfstream fabriqués aux États-Unis et qualifiant ce processus d’obstacle à la vente d’avions américains au nord de la frontière.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Trump a déclaré que son administration réagirait en retirant la certification des avions fabriqués au Canada aux États-Unis, y compris les avions produits par Bombardier, à moins que le Canada ne prenne des mesures pour approuver les modèles Gulfstream.

Il a également averti que si le problème n’était pas «immédiatement corrigé», les États-Unis imposeraient des droits de douane de 50 % sur tous les avions vendus par le Canada sur le marché américain, une mesure qui pourrait avoir des répercussions importantes sur le secteur aérospatial des deux côtés de la frontière.

Bombardier a publié un communiqué jeudi soir, reconnaissant avoir pris connaissance du message de M. Trump et être en contact avec le gouvernement fédéral.

«Nos avions, nos installations et nos techniciens sont entièrement certifiés selon les normes de la FAA et sont reconnus dans le monde entier», a soutenu la société, mentionnant qu’elle investissait dans l’expansion de ses activités aux États-Unis.

«Nous espérons que cette situation sera rapidement résolue afin d’éviter un impact significatif sur le trafic aérien et les passagers», a ajouté Bombardier.

Bombardier et Gulfstream sont des rivaux de longue date sur le marché mondial des jets d’affaires, en concurrence directe dans la catégorie des avions à cabine large et à long rayon d’action, privilégiée par les entreprises et les gouvernements, les mêmes modèles que ceux cités dans le message de M. Trump sur les réseaux sociaux.

Parmi eux figurent les Gulfstream G500 et G600, qui sont entrés en service plus tôt et sont largement utilisés par les entreprises et les gouvernements, ainsi que les G700 et G800, plus récents, qui sont les jets long-courriers phares de la société.

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Bombardier, dont le siège social est situé à Montréal, fabrique la série d’avions d’affaires Global et est l’un des plus grands employeurs du secteur aérospatial au Canada.

Les avions Gulfstream sont en concurrence directe avec les jets de Bombardier, notamment les Global 6500, Global 7500 et Global 8000, qui dominent la même catégorie long-courrier et sont déjà certifiés pour voler au Canada et aux États-Unis.

La certification détermine si un avion peut être vendu, immatriculé et exploité dans un pays. Tout retard ou refus peut placer les constructeurs dans une situation de désavantage concurrentiel.

Trump n’a pas le droit, selon un expert

Phyl Durdey, expert en aviation de CTV News, a rejeté les menaces américaines visant le secteur aéronautique canadien, affirmant que Trump n’avait pas le pouvoir de retirer «arbitrairement» la certification des avions canadiens.

Dans une entrevue accordée jeudi sur CTV News Channel, M. Durdey a expliqué que la Federal Aviation Administration (FAA) américaine certifie ou retire la certification de tous les avions aux États-Unis.

Il a également souligné que les États-Unis disposent de «nombreux avions en service fournis par le Canada», avec des milliers de jets construits au Canada volant également au sud de la frontière.

L’armée américaine elle-même utilise des avions Bombardier, notamment une flotte de jets Global Express modifiés connus sous le nom d’avions BACN ou Air Force E-11A, dont l’un est actuellement déployé au Moyen-Orient.

L’expert a averti que toute mesure prise à l’encontre de Bombardier nuirait autant aux intérêts économiques des États-Unis qu’à ceux du Canada.