Économie

Les dépenses universitaires que les étudiants et leurs parents oublient de mettre de l’argent de côté

Le problème, c’est la multitude de petites dépenses qui s’accumulent entre septembre et avril.

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Robert Chung résout un problème au tableau à l'Université de Toronto après avoir participé au concours de mathématiques William Lowell Putnam à Toronto, le samedi 6 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Cole Burston Robert Chung résout un problème au tableau à l'Université de Toronto après avoir participé au concours de mathématiques William Lowell Putnam à Toronto, le samedi 6 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Cole Burston

Si vous vous rendez sur le campus ce mois-ci, votre budget couvre principalement les frais de scolarité et le loyer. Le problème, c’est la multitude de petites dépenses qui s’accumulent entre septembre et avril, et ce sont elles qui poussent les étudiants à recourir à leur carte de crédit.

Un expert en finances revient sur les dépenses qui passent inaperçues et vous explique comment s’y préparer avant qu’elles ne vous prennent au dépourvu.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Pourquoi les coûts cachés pèsent plus lourd cette année

Selon Statistique Canada, un étudiant de premier cycle canadien a payé en moyenne 7 734$ de frais de scolarité pour l’année universitaire 2025-2026, soit une hausse de 1,4% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre fait beaucoup parler de lui.

Ce qui l’est moins, c’est le moment choisi: en Ontario, la province vient de plafonner à 25 % la part sous forme de bourse de sa contribution au Programme d’aide financière aux étudiants de l’Ontario (PAFE), qui regroupe les aides fédérales et provinciales en un seul dispositif, contre un maximum précédent de 85%. Le reste est versé sous forme de prêts pour toute période d’études commençant le 1er août ou plus tard.

Ça change la donne pour chaque dépense imprévue. Des frais de laboratoire inattendus de 400 $, c’était avant juste un désagrément. Maintenant, ça risque plutôt de devenir une dette que tu vas traîner pendant des années.

Le stress se fait déjà sentir. Un sondage de la TD publié en août a révélé que 76% des étudiants de l’enseignement supérieur disent que les soucis d’argent ont nui à leur bien-être et à leurs résultats scolaires, et que 23% ne savent absolument pas comment établir un budget.

Rentrée universitaire 2026: l'UQAC vient en aide à ses étudiants L'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) offre une station-service aux étudiants quelques jours avant la rentrée. Le but est de donner tous les outils nécessaires aux étudiants en vue du prochain trimestre.

1. Les frais inclus dans les frais de scolarité

Chaque établissement facture des frais obligatoires en plus des frais de scolarité : syndicat étudiant, sports, services de santé, technologie et, parfois, une contribution aux travaux immobiliers. Statistique Canada estime la moyenne à environ 1200$ par an pour les étudiants de premier cycle, et ça, c’est sans compter les frais spécifiques au programme comme les frais de laboratoire, le matériel d’atelier, les sorties pédagogiques, les frais de stage en alternance et les frais d’examen. Aucun de ces frais n’est facultatif, et ils apparaissent rarement dans le montant des frais de scolarité annoncé par ton établissement.

Le conseil à suivre: consulter le relevé complet des frais sur son portail étudiant avant le début du semestre, pas seulement la ligne des frais de scolarité. Additionner tous les postes pour l’année entière. Si le total vous surprend, mieux vaut le découvrir en septembre qu’en mars.

2. Manuels, logiciels et matériel technologique

Les manuels sont souvent les plus sous-estimés dans le budget d’un étudiant. Un cours peut exiger un manuel à 200$ avec un code d’accès à usage unique qui ne peut être ni acheté d’occasion ni revendu. StudentAid BC prévoit jusqu’à 3000$ par an pour les livres, les fournitures et les frais informatiques lorsqu’il évalue les besoins d’un étudiant, et la plupart des étudiants n’ont jamais prévu un budget ne s’approchant même pas de ce montant.

Mettez une somme de côté pour les livres et le matériel informatique à chaque trimestre plutôt que d’acheter au fur et à mesure. Vérifiez les rayons de réserve de la bibliothèque, les options de location et si le prof accepte une édition plus ancienne. Si vous as besoin d’un nouvel ordinateur portable, achetez-le avant le début du trimestre, pendant que les promotions de la rentrée sont encore valables, et non pas en milieu de semestre quand on n’a plus le choix.

3. Les assurances santé, les forfaits de téléphonie et la période de désinscription

L’assurance santé et dentaire étudiante est souvent prélevée automatiquement avec les frais de scolarité, et elle coûte entre 150$ et 400$ par an selon l’établissement. Si vous êtes déjà couvert par l’assurance de vos parents via leur employeur, vous pouvez généralement vous désinscrire et obtenir un remboursement, mais uniquement pendant une courte période, généralement les premières semaines du semestre d’automne. Si vous ratez ce délai, vous paierez pour une couverture dont vous n’avez pas besoin.

Et puis, il y a les factures mensuelles qui n’existaient pas quand on vivait chez ses parents: le forfait téléphonique, Internet et l’assurance locataire si on loue un logement hors campus. Prévoyez-les dans votre budget comme des dépenses fixes dès le premier jour. Une remarque fiscale: gardez bien votre formulaire T2202, car les crédits de frais de scolarité non utilisés peuvent être reportés ou transférés à un de vos parents.

4. L’argent que vous laissez passer

Le moyen le moins cher de couvrir une dépense cachée, c’est d’utiliser de l’argent que tu n’as pas à rembourser. La subvention canadienne aux étudiants à temps plein verse jusqu’à 4200$ par an jusqu’à l’année scolaire 2026-2027, et vous y avez automatiquement droit quand vous faites une demande d’aide financière auprès de votre province. Beaucoup d’étudiants n’ont pas fait la demande parce qu’ils ne voulaient pas de prêt. Faites-la quand même. Vous pouvez refuser la partie «prêt» et garder la bourse.

En plus de ça, renseignez-vous sur les bourses d’études proposées en cours d’année par votre établissement et sur les emplois dans le cadre du programme «travail-études». Une grande partie de cet argent reste non réclamée simplement parce que personne ne fait de demande. Pour en savoir plus, 15 de ces programmes, notamment les bourses d’études, le Bon d’études canadien et les programmes fédéraux de stages, ont été détaillés dans une récente vidéo de Blueprint Financial. Avec un marché de l’emploi étudiant aussi difficile qu’il l’est en ce moment, c’est plus important que d’habitude.

Une nouvelle année et encore beaucoup de défis pour les cégeps du Québec Plus de 200 000 étudiants faisaient mercredi leur rentrée dans les cégeps du Québec, un retour en classe qui se fait sur fond de coupures budgétaires et d’inquiétudes dans le réseau collégial.

5. Les petites dépenses qui s’accumulent

Abonnements de transport, lessive, impressions, cotisations à des associations, un manteau d’hiver si tu as changé de province, et le voyage pour rentrer chez soi à la relâche puis à Noël. Les formules repas qui expirent en mars. Meubler son premier appart. La location de la toge de remise des diplômes en dernière année. Aucune de ces dépenses ne vous ruinera à vous seul, et c’est justement pour ça qu’on ne les prévoit pas dans le budget.

Il est conseillé d’établir un budget pour les huit mois complets, pas juste pour un semestre, et d’ajouter une marge de 10% pour les imprévus.

Conclusion

Les études à l’université ou au cégep coûtent plus cher que ne le laisse entendre le montant des frais de scolarité, et cette année, une part plus importante de cet écart se traduit par de la dette.

Cela dit, presque toutes ces dépenses sont prévisibles si vous vous en occupez dès septembre. Prends une heure, rassemble les chiffres réels et demande chaque dollar d’aide financière à laquelle tu as droit.

Votre futur vous remerciera.

Christopher Liew est titulaire des titres CFP® et CFA, et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en matière de finances personnelles destinés à des milliers de lecteurs canadiens chaque jour sur Blueprint Financial.