Économie

L’insolvabilité en hausse au pays: on peine de plus en plus à payer ses dettes

Les propriétaires sont aux prises avec de plus en plus de difficultés financières.

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Des cartes de crédit sont présentées à Montréal, le mercredi 12 décembre 2012. LA PRESSE CANADIENNE Des cartes de crédit sont présentées à Montréal, le mercredi 12 décembre 2012. LA PRESSE CANADIENNE (Ryan Remiorz)

Un nouveau rapport d’Equifax Canada révèle que les cas d’insolvabilité ont atteint des niveaux inégalés depuis 2009, dans un contexte où les propriétaires sont aux prises avec de plus en plus de difficultés financières.

Pour son plus récent rapport Pouls du marché, Equifax s’est penché sur les tendances du crédit aux consommateurs au premier trimestre. L’entreprise note que les risques systémiques semblent persister, même si les Canadiens font preuve de discipline financière.

Les cas d’insolvabilité ont connu une hausse de 18,8 % sur un an au premier trimestre. Selon Equifax, cela suggère que de nombreux consommateurs «pourraient avoir atteint un point d’inflexion financier».

«Alors que la vague de renouvellements de prêts hypothécaires devrait ralentir vers la fin de l’année 2026, la transition vers des taux d’intérêt nettement plus élevés continue d’alimenter l’incidence financière et la pression liée aux remboursements», a indiqué la vice-présidente des analyses avancées chez Equifax Canada, Rebecca Oakes, dans un communiqué.

«Par conséquent, la surveillance continue des dettes demeure essentielle pour les Canadiens et Canadiennes», a-t-elle ajouté.

Des cas d’insolvabilité plus graves

Les cas d’insolvabilité chez les propriétaires ont bondi de plus de 11 % par rapport au quatrième trimestre de 2025. Plus de 90 % de ces personnes ont préféré opter pour la proposition de consommateurs plutôt que la faillite.

Chez les titulaires de prêts non hypothécaires, le nombre de cas d’insolvabilité est demeuré plus élevé, mais la croissance trimestrielle a été plus modeste, avec une hausse de 4,7 % par rapport au dernier trimestre de 2025.

Equifax indique également que la gravité des cas d’insolvabilité s’est accentuée. La dette non hypothécaire moyenne dans ces dossiers a atteint 43 300 $ au premier trimestre, alors qu’elle était de 40 200 $ il y a deux ans.

Chez les propriétaires, la dette non hypothécaire moyenne a atteint 82 400 $, soit une hausse de 19 % par rapport à il y a deux ans.

Pour les propriétaires ayant manqué un paiement, les soldes moyens des prêts non hypothécaires en souffrance ont atteint 54 000 $ au premier trimestre, soit une augmentation de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Le solde moyen des prêts hypothécaires en souffrance a grimpé de 13,2 % pour atteindre 355 500 $.

Les provinces où le marché immobilier est marqué par des prix élevés subissent des tensions financières plus sévères, les impayés hypothécaires ayant bondi de 52 % en Ontario et de 36 % en Colombie-Britannique d’une année à l’autre.

L’endettement non hypothécaire en baisse

Au cours du premier trimestre, l’endettement total des consommateurs a atteint 2,66 billions $, soit une hausse de 3,8 % sur un an, tandis que l’endettement non hypothécaire a diminué de plus de 487 millions $.

Equifax a noté qu’il s’agissait de la première baisse de la dette non hypothécaire depuis plusieurs trimestres, alors que les consommateurs ont fait preuve de retenue financière après la période des fêtes.

«La réduction des dépenses des fêtes à la fin de 2025 s’est traduite par une diminution de l’augmentation saisonnière des soldes de cartes de crédit», a expliqué Mme Oakes.

«Cette discipline a permis à de nombreux Canadiens et Canadiennes de réduire leurs soldes au cours du premier trimestre, ce qui représente un changement important dans la façon dont les consommateurs s’adaptent à l’environnement macroéconomique actuel», a-t-elle ajouté.

Les Québécois de plus en plus endettés: la carte de crédit est «un outil de survie» en 2026 Les Québécois sont de plus en plus serrés dans leurs finances, notamment en raison du prix du panier d’épicerie et de la hausse des loyers. Et cette situation se fait sentir à l’échelle nationale chez les syndics autorisés en insolvabilité.

Une baisse de la demande a été observée dans la plupart des catégories de crédit au premier trimestre. Les nouvelles émissions de cartes de crédit ont notamment atteint leur niveau le plus bas depuis quatre ans. La croissance s’est limitée aux segments non à risque, à risque modéré et à risque élevé.

Le nombre de Canadiens n’ayant pas effectué au moins un paiement de crédit est demeuré stable à 1,5 million, soit environ 1 consommateur sur 21. Le pourcentage d’utilisateurs de cartes de crédit remboursant moins de 25 % de leur solde chaque mois a diminué de plus de 2 %, tandis que le pourcentage d’utilisateurs réglant la totalité de leur solde a augmenté.

Le pourcentage de consommateurs remboursant le montant minimum sur leur solde de crédit a diminué, la plus forte baisse ayant été observée chez les consommateurs âgés de 26 à 35 ans.

Prudence dans le secteur automobile

Malgré une baisse des prix des véhicules, le ralentissement s’est étendu au secteur automobile.

Les nouveaux prêts automobiles captifs ont chuté de près de 5 % d’une année à l’autre, pour atteindre leur niveau le plus bas depuis trois ans, tandis que le volume des prêts bancaires à tempérament a chuté de 9,5 %.

«Si l’on considère les augmentations substantielles des primes d’assurance ainsi que la hausse des coûts d’entretien et du carburant, il semble évident que les Canadiens et Canadiennes sont plus prudents avant de faire l’achat d’un nouveau véhicule», a soutenu Mme Oakes.

Sammy Hudes

Sammy Hudes

Journaliste