Même s’ils sont préoccupés par leur budget, les consommateurs sont nombreux à vouloir contourner les produits américains, selon un rapport de la firme PwC Canada, dévoilé mardi.
Ils sont 72% à vouloir chercher des solutions de rechange aux produits américains, selon un sondage effectué auprès de plus de 1000 Canadiens en juillet et début août. Un peu plus de la moitié (54%) sont même prêts à payer plus cher pour acquérir un produit canadien.
Les consommateurs pourraient être encore plus motivés, alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada se sont accentuées depuis le dernier coup de sonde.
«Si on refaisait le sondage aujourd’hui, avec ce qui se passe, probablement qu’on verrait encore une hausse», avance Sébastien Doyon, associé, services-conseils chez PwC Canada, en entrevue.
Ce désir de faire un pied de nez aux Américains se manifeste à un moment où les consommateurs canadiens sont préoccupés par le coût de la vie.
En moyenne, ils prévoient réduire leur budget consacré aux Fêtes cette année. Ils anticipent dépenser 1487$, une baisse de 11% par rapport à leurs prévisions de l’an dernier. Ils sont 69% à chercher des options moins coûteuses.
«Ça démontre vraiment qu’il y a une pression sur le budget des ménages, puis les gens sont forcés de faire des choix», analyse M. Doyon.
Le Québec semble faire bande à part avec un budget stable de 1497$. Les consommateurs québécois cherchent, eux aussi, des moyens d’étirer leur budget, nuance M. Doyon. «La préoccupation est pas mal uniforme à travers le pays.»
La différence est surtout attribuable aux dépenses de voyagement, explique-t-il. Les autres Canadiens sont plus nombreux à voyager durant les Fêtes pour voir leur famille, ce qui a un impact sur le budget moyen. Les distances à parcourir pour les réunions familiales québécoises sont généralement moins grandes.
À travers le pays, les intentions varient d’une génération à l’autre. Les baby-boomers et les membres de la génération X sont les plus frugaux à l’approche des Fêtes. Ils prévoient diminuer leur budget de 18% et 21%, respectivement.
Les dépenses sont plus stables pour les milléniaux, la génération avec de jeunes enfants, qui anticipent une diminution de 6%. Les jeunes adultes de la génération Z prévoient, au contraire, une augmentation de 8% par rapport à l’an dernier.
S’ils sont tous à l’affût des rabais, la stratégie varie d’une génération à l’autre. Les membres de la génération Z (38%) et des milléniaux (33%) priorisent la période du Vendredi fou. Les baby-boomers, pour leur part, veulent reporter leurs dépenses en décembre (43%).
Sans surprise, l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) gagne du terrain en tant qu’outil de magasinage.
Un peu plus du quart (28%) compte l’utiliser dans leur recherche, en hausse, par rapport à 17% l’an dernier.

