Économie

Les 5 pièges coûteux du financement automobile qui endettent les Canadiens

Voici comment les éviter.

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Archives Archives (David Zalubowski | La Presse canadienne)

C’est dans le financement automobile que de nombreux Canadiens perdent de l’argent sur l’achat d’un véhicule, et non pas au niveau du prix affiché. Les durées plus longues, les soldes reportés et les options supplémentaires facturées par le service de financement peuvent tous finir par vous coûter très cher.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Un expert en finances revient sur les erreurs de financement qu’il constate sans cesse et vous explique comment les éviter.

Pourquoi est-ce important en ce moment?

Les Canadiens se montrent de plus en plus prudents. Le rapport du premier trimestre 2026 d’Equifax Canada a révélé que les nouveaux prêts automobiles accordés par les prêteurs des constructeurs ont chuté de près de 5% d’une année à l’autre, atteignant leur plus bas niveau en trois ans, et Equifax a souligné que la hausse des coûts d’assurance, d’entretien et de carburant explique pourquoi les gens hésitent. Ce même rapport indique que le nombre de cas d’insolvabilité a atteint son plus haut niveau depuis 2009.

Par ailleurs, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25% en juillet, pour la sixième fois consécutive. Il ne faut pas compter sur un assouplissement des conditions de crédit pour venir à la rescousse de qui que ce soit.

L’offre de véhicules augmente et les prix diminuent Contexte favorable pour l’achat d’un véhicule: un inventaire plus garni qu’il y a quelques années alors que les prix sont à la baisse.

1. Choisir en fonction de la mensualité

Vous entrez en vous disant : «Je peux me permettre 500$ de plus par mois», et le service des finances s’empresse de rendre ce chiffre réalisable en prolongeant la durée du prêt à 84 ou 96 mois. La mensualité vous convient, mais le coût total peut s’avérer catastrophique.

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) en donne un exemple clair: une auto de 25 000$ à 5% coûte 1974$ en intérêts sur 36 mois et 4681$ sur 84 mois. Même auto, plus du double d’intérêts, et vous la payez encore alors qu’elle a sept ans et qu’elle a besoin de nouveaux freins.

Déterminez le prix total que vous êtes prêt à payer avant de parler des versements; choisissez ensuite la durée la plus courte que vous pouvez assumer. Si le versement ne vous convient pas, la solution consiste souvent à opter pour une auto moins chère, et non pour un prêt plus long.

La part de votre versement d’auto par rapport à votre salaire net est l’un des chiffres qui déterminent discrètement votre taux d’épargne. Voici les chiffres passés en revu chaque mois dans une récente vidéo de Blueprint Financial, et c’est un moyen utile de voir ce qu’une mensualité exagérée vous coûte réellement.

2. Regrouper votre ancien prêt dans le nouveau

Les prêts à long terme créent un deuxième problème. L’ACFC souligne qu’une auto neuve peut perdre 25% de sa valeur après un an, mais avec un prêt de huit ans, le solde ne change pratiquement pas pendant cette période.

Si vous échangez votre auto avant l’échéance, vous devez plus que ce que vaut la voiture. C’est ce qu’on appelle une valeur nette négative. Cela n’a pas seulement des répercussions lors d’un échange: si l’auto est déclarée perte totale ou volée, votre assureur vous verse ce qu’elle valait ce jour-là, et non ce que vous devez, tandis que le solde du prêt reste à votre charge.

Le concessionnaire vous proposera d’intégrer ce manque à gagner à votre prochain prêt. Vous vous retrouvez alors à payer des intérêts sur une auto que vous ne possédez plus, en plus de celle que vous venez d’acheter, et le trou financier sera encore plus profond la prochaine fois.

Si vous êtes en situation de valeur nette négative, la réponse ennuyeuse est généralement la bonne: gardez l’auto, continuez de payer et laissez le solde rattraper la valeur. Si vous devez absolument vendre, comblez l’écart avec vos économies plutôt que de le financer. Une dette liée à une auto que vous ne possédez plus est la pire des dettes.

3. Accepter le financement proposé par le concessionnaire sans comparer les offres

Le service des finances est un centre de profit. L’ACFC est très claire à ce sujet : un concessionnaire n’est pas tenu de vous offrir le taux d’intérêt le plus bas qui lui a été proposé. L’organisme de réglementation des concessionnaires de l’Ontario a averti que la plupart des concessionnaires touchent une commission de la part du prêteur vers lequel ils vous orientent et que certains orientent les acheteurs vers le prêt qui rapporte le plus au concessionnaire.

Essayez d’obtenir une préautorisation auprès de votre banque ou de votre coopérative de crédit avant même de mettre les pieds dans la salle d’exposition. Vous disposerez ainsi d’un taux à battre: soit le concessionnaire le surpasse, soit vous partez. Vérifiez également votre propre dossier de crédit au préalable, afin que personne ne puisse vous dire que votre cote est plus mauvaise qu’elle ne l’est en réalité.

Cela dit, les taux promotionnels proposés par les concessionnaires peuvent être vraiment avantageux, surtout sur les véhicules neufs. Assurez-vous simplement de comparer le coût total du prêt, et non le taux affiché, et vérifiez que ce taux bas n’est pas lié à une durée plus longue.

Faire soi-même les entretiens sur son véhicule pourrait avoir un impact sur sa garantie Une Ontarienne a été choquée d’apprendre que des réparations majeures sur son véhicule, qui était toujours sous garantie, ne seraient pas remboursées parce qu’elle fait ses changements d’huile elle-même.

4. Le financement des options

Garantie prolongée, protection de la peinture, traitement antirouille, protection des tissus, couverture des pneus et des jantes, assurance GAP. Certaines valent la peine d’être souscrites. Presque aucune ne vaut la peine d’être financée avec une majoration sur sept ans, intérêts compris. Chaque option intégrée au prêt gonfle le capital, ce qui aggrave dès le premier jour la valeur nette négative mentionnée dans l’erreur numéro deux. Si vous souhaitez une protection, demandez le prix séparément, réfléchissez-y une nuit et voyez si votre assureur ou votre banque l’offre à un meilleur prix.

La règle à suivre: rien ne doit être intégré au prêt à part la voiture, les taxes et les frais que vous ne pouvez légitimement pas éviter.

5. Signer et ne plus jamais y jeter un coup d’œil

La plupart des gens traitent un prêt automobile comme une réalité immuable de la vie. Ce n’est pas le cas. L’ACFC souligne qu’il n’y a généralement pas de période de réflexion pour les prêts automobiles dans la plupart des provinces; vous ne pouvez donc pas annuler le prêt. Mais vous pouvez souvent améliorer les conditions du prêt par la suite.

Deux points à vérifier une fois par année : premièrement, votre prêt permet-il le remboursement anticipé sans pénalité? C’est le cas de nombreux prêts, et même un montant supplémentaire de 50 $ par mois raccourcit la durée du prêt et réduit la période de valeur nette négative. Deuxièmement, votre solvabilité ou les conditions de taux se sont-elles améliorées depuis que vous avez signé? Si c’est le cas, le refinancement auprès d’une banque ou d’une coopérative de crédit peut réduire votre taux, surtout si vous aviez au départ un taux élevé.

Et si vous approchez de la fin de votre prêt et que vous possédez une auto fiable, remboursez-le et continuez à la conduire. C’est pendant les années sans versements que se trouvent les véritables économies.

Conclusion

Aucune de ces erreurs ne semble dangereuse sur le moment, et c’est précisément pour cela qu’elles sont si courantes.

Corrigez la première, et la plupart des autres se régleront d’elles-mêmes: connaissez le prix total, choisissez la durée la plus courte que vous pouvez assumer, et ne financez rien dont vous n’avez pas besoin.

Christopher Liew est titulaire des titres CFP® et CFA, et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en matière de finances personnelles destinés à des milliers de lecteurs canadiens chaque jour sur Blueprint Financial.