Économie

L'économie québécoise a reculé au 4e trimestre, concluant une année de faible vigueur

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Le PIB réel du Québec a reculé de 0,2 % au quatrième trimestre de 2025, selon les données publiées jeudi par l’Institut de la statistique du Québec. Un homme travaille dans une usine de menuiserie à Saint-Georges, le jeudi 6 février 2025. LA PRESSE C... Le PIB réel du Québec a reculé de 0,2 % au quatrième trimestre de 2025, selon les données publiées jeudi par l’Institut de la statistique du Québec. Un homme travaille dans une usine de menuiserie à Saint-Georges, le jeudi 6 février 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

L’économie québécoise s’est contractée au quatrième trimestre de 2025, en raison d’un recul des investissements en stocks, indique jeudi l’Institut de la statistique du Québec.

Le produit intérieur brut (PIB) réel du Québec non annualisé a baissé de 0,1 % lors des trois derniers mois de 2025 par rapport au troisième trimestre, durant lequel il avait connu une hausse de 0,1 %.

En rythme annualisé, cela correspond à un déclin de 0,2 % du PIB, alors qu’il avait enregistré une hausse de 0,6 % au troisième trimestre. En comparaison, l’économie canadienne a diminué de 0,6 % au quatrième trimestre, après avoir augmenté de 2,4 % au trimestre précédent.

«Le fait que le Québec soit visé par des tarifs douaniers effectifs plus élevés que la moyenne nationale explique en bonne partie l’écart de croissance du PIB réel en 2025», souligne l’économiste Sonny Scarfone de Desjardins, dans une publication.

Il relève notamment que la faiblesse provient surtout du secteur de la fabrication, les droits de douane ayant particulièrement touché la première transformation des métaux et la fabrication de meubles.

Élan de la consommation

Plusieurs composantes du PIB québécois ont pourtant progressé au quatrième trimestre, notamment la demande intérieure, qui a grimpé de 2,1 % en rythme annualisé, portée notamment par la consommation des ménages.

Dans une publication, l’économiste de la Banque Nationale Daren King pointe que «le secteur résidentiel au Québec se démarque également par sa résilience», les mises en chantier dans la province étant restées à un niveau élevé toute l’année. Au quatrième trimestre, la construction neuve a bondi de 10,7 %.

La balance commerciale s’est également améliorée, le quatrième trimestre affichant une croissance de 0,9 % des exportations et une réduction de 2,1 % des importations.

Le PIB du dernier trimestre a cependant été affecté par le recul de 4,8 milliards $ des investissements en stocks.

Avec cette fin d’année sur une légère baisse, l’économie du Québec a augmenté de 0,7 % en 2025, soit à un rythme plus faible qu’en 2024, où le PIB avait enregistré une hausse de 1,7 %.

M. King rappelle que la dernière fois que l’économie du Québec a connu une aussi faible vigueur, c’était en 2023 lors du cycle de resserrement monétaire de la Banque du Canada et, avant cela, en 2020 lors de la pandémie.

Pour M. Scarfone, l’année «2026 ne s’annonce pas de tout repos». Les prévisions de Desjardins anticipent une croissance de 1,0 % pour l’année en cours. Néanmoins, M. Scarfone note que la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) ainsi que la durée et l’étendue du conflit au Moyen‑Orient demeurent des risques à surveiller pour les prochains mois.