L’économie canadienne est en mode survie, le pays est clairement en récession et la Banque du Canada doit réduire davantage ses taux d’intérêt, selon un économiste.
De nouvelles données publiées par Rosenberg Research montrent que malgré la baisse des taux d’intérêt, qui étaient à leur plus haut niveau en 2024 (5 %), le PIB par habitant continue de baisser et l’économie ne croît que de 1 % par an.
De plus, les secteurs de l’immobilier et de l’industrie manufacturière sont en difficulté, les prix des logements ayant baissé de 2 % par rapport à l’année précédente. L’industrie manufacturière, qui dépend fortement du commerce avec les États-Unis, a reculé de 5 %.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News
«Il est clair pour moi, à moins que les retards dans la mise en œuvre des politiques ne soient beaucoup plus longs cette fois-ci, que c’est ce que donnent les 275 points de base de baisse des taux de la Banque du Canada : une croissance économique totale de 1 %», a mentionné David Rosenberg, économiste en chef et fondateur de Rosenberg Research, à BNN Bloomberg.
«La question suivante est: est-ce tout ce que vous obtenez?»
«L’inflation n’est pas vraiment un problème»
M. Rosenberg a expliqué que la croissance économique était inférieure à son potentiel et que, selon les propres prévisions de la Banque du Canada, l’écart de production désinflationniste devrait persister jusqu’à la fin de 2027.
«L’inflation dans ce pays n’est pas vraiment un problème. Pratiquement toutes les mesures de l’inflation sous-jacente se situent dans la zone de confort de la Banque du Canada», a ajouté M. Rosenberg.
Il estime que la Banque du Canada sera contrainte de réduire davantage ses taux d’intérêt, déjà extrêmement bas à 2,25 %, et que le dollar canadien va subir une certaine pression à la baisse.
La construction résidentielle stagne
Les données mensuelles montrent que le PIB du Canada affiche une croissance d’environ 1 % au quatrième trimestre.
M. Rosenberg a déclaré que si de nombreux économistes semblent penser que les mesures de relance budgétaire aideront l’économie, la croissance lente de certains secteurs suggère le contraire.
«Si l’on examine l’année écoulée, les dépenses de construction résidentielle sont aussi plates qu’une queue de castor», a dit M. Rosenberg.
Il a ajouté que le consensus général était que les baisses de taux de la Banque du Canada relanceraient l’inflation dans le secteur immobilier.
«Rien de tout cela ne s’est produit. En fait, les prix des logements au Canada sont restés stables ou ont baissé pendant 10 mois consécutifs, et affichent une baisse de 2 % en glissement annuel», a expliqué M. Rosenberg.
Relations commerciales avec les États-Unis
Jusqu’à récemment, on espérait que les relations entre le Canada et les États-Unis s’amélioreraient, a ajouté M. Rosenberg.
«Bien sûr, nous allons maintenant jeter cela à la poubelle», a-t-il dit.
Même avec un taux de change compétitif et une croissance économique américaine en pleine effervescence, le secteur manufacturier est en baisse de 5 %.
«Si l’on tient compte de l’inflation au niveau du commerce de détail, il n’y a pratiquement pas de croissance non plus», a mentionné M. Rosenberg.
«Il faut être optimiste quant au dollar canadien»
M. Rosenberg a déclaré que, malgré la faiblesse du dollar canadien jusqu’à récemment, il n’était probablement pas assez faible.
«Si vous voulez être optimiste à l’égard du dollar canadien, vous devez commencer à voir une réelle impulsion positive dans les secteurs de l’économie qui sont les plus sensibles à la devise», a affirmé M. Rosenberg.
«Ce n’est tout simplement pas le cas, et c’est une énorme déception.»
Le Canada devrait comparer sa devise à celles de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande
La dépréciation généralisée du dollar américain a une incidence directe sur la devise canadienne, a avancé M. Rosenberg.
Les Canadiens devraient comparer leur devise au dollar australien et au dollar néo-zélandais, car «ce sont nos frères orientés vers les matières premières», a-t-il mentionné.
Par rapport à ces devises, le dollar canadien a déjà chuté de plus de 4 % au cours des deux derniers mois.
«Cela signifie qu’ils ont des taux d’intérêt plus élevés parce qu’ils ont une demande intérieure plus forte», a affirmé M. Rosenberg.
Il a ajouté qu’en fin de compte, les Canadiens doivent se demander s’ils pensent que le maintien des taux d’intérêt au Canada fonctionne, pourquoi les secteurs les plus sensibles au crédit, comme le logement, la construction et le commerce de détail, stagnent ou sont en déclin.
«Cela me dit que malgré tout ce que la Banque du Canada a fait, elle n’en a pas encore fait assez», a dit M. Rosenberg.
