Économie

Le taux de chômage a reculé à 6,4% en juillet au Canada

En juillet, la création d’emplois a été répartie entre les emplois à temps plein et à ceux à temps partiel.

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Un ouvrier du bâtiment pose des bardeaux sur le toit d’une nouvelle maison à Ottawa, le 6 juillet 2015. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Un ouvrier du bâtiment pose des bardeaux sur le toit d’une nouvelle maison à Ottawa, le 6 juillet 2015. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick (Sean Kilpatrick)

Les chiffres de l’emploi au Canada ont dépassé les prévisions des économistes en juillet, tandis que le taux de chômage a atteint son plus bas niveau depuis deux ans, a indiqué vendredi Statistique Canada.

L’enquête sur la population active menée par l’agence révèle que le Canada a créé un nombre surprenant de 75 000 emplois en juillet, dépassant largement les prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur une hausse modeste de 15 000 emplois. 

Ces emplois se répartissaient entre le temps plein et le temps partiel.

Statistique Canada a précisé que le pays comptait désormais 181 000 emplois de plus qu’en avril, et 196 000 de plus qu’il y a un an.

«C’est une croissance plus forte que ce à quoi nous nous attendions peut-être il y a quelques mois», a mentionné Andrew Grantham, économiste principal chez CIBC Marché des capitaux, lors d’un entretien.

«Cela concorde avec ce que nous observons dans les chiffres du PIB: l’économie canadienne se redresse, même si nous constatons qu’il reste encore une marge de manœuvre importante et que cette reprise devra se poursuivre avant que nous ayons vraiment à nous inquiéter d’une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada», a-t-il ajouté. 

Le taux de chômage au Canada a légèrement baissé de 0,1 point de pourcentage par rapport à juin, pour s’établir à 6,4 %.

Statistique Canada a indiqué que le taux de chômage est également en baisse d’un demi-point de pourcentage par rapport à l’année dernière, car davantage de personnes à la recherche d’un emploi ont réussi à en trouver un par rapport à la même période l’année dernière.

«Le marché du travail n’est pas encore solide», a souligné Nathan Janzen, économiste en chef adjoint à la Banque Royale du Canada, dans une note adressée à ses clients.

«Le taux de chômage reste supérieur à la normale, et la croissance des salaires a ralenti en juillet. Mais la situation s’améliore malgré la persistance d’une incertitude importante liée aux droits de douane américains et la hausse des prix de l’énergie», a-t-il avancé.

Au Québec, l’emploi a peu varié tant en juillet que par rapport à il y a 12 mois. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage, pour s’établir à 5,6 % dans la province.

La majeure partie des créations d’emplois en juillet a eu lieu dans le secteur du commerce de gros et de détail, qui a créé 21 000 emplois, mais il affiche tout de même une baisse de 50 000 postes par rapport à l’année dernière.

Le secteur de la finance, des assurances, des services immobiliers et des services de location et de location à bail a créé 18 000 emplois le mois dernier, tandis que celui des services professionnels, scientifiques et techniques en a ajouté 17 000.

Le mois d’août, une période propice à la recherche d’emploi? André Perron, directeur principal des relations clients chez Randstad Canada, discute de la recherche d’emploi lors du mois d’août.

Il s’est perdu 15 000 emplois dans les administrations publiques et 9600 dans l’agriculture en juillet.

Royce Mendes, directeur général de Desjardins, estime que le marché du travail a encore un long chemin à parcourir avant de se redresser.

«Les derniers chiffres de l’emploi viennent confirmer que les entreprises trouvent des moyens de faire face à l’incertitude actuelle liée au commerce», a expliqué M. Mendes, ajoutant qu’une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada n’était pas probable avant 2027.

«Cela dit, même avec les gains importants observés en juillet, le marché du travail n’a pas encore retrouvé toute sa vigueur. Pour preuve, le rythme annuel de croissance des salaires a encore ralenti (…) pour s’aligner pratiquement sur le taux d’inflation», a-t-il fait valoir.

Le salaire horaire moyen des employés a augmenté de 2,8 % en juillet par rapport à la même période l’an dernier.

Le taux de chômage chez les jeunes de 15 à 24 ans est resté pratiquement inchangé en juillet, à 12,6 %, ce qui représente une baisse de 1,9 point de pourcentage par rapport à l’année dernière.

«C’est sans aucun doute un meilleur été que ceux que nous avons connus ces deux dernières années pour les jeunes à la recherche d’un emploi», a soutenu M. Grantham.

Nick Murray

Nick Murray

Journaliste