Économie

Le taux de chômage a reculé pour s’établir à 6,6% en mai au Canada

L’économie canadienne a créé de manière inattendue 88 000 emplois en mai, selon Statistique Canada.

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Archives - Un ouvrier charge des bobines d'acier inoxydable destinées à être laminées en tôles, à Montréal, le 18 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE Archives - Un ouvrier charge des bobines d'acier inoxydable destinées à être laminées en tôles, à Montréal, le 18 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

L’économie canadienne a créé de manière inattendue 88 000 emplois en mai, selon Statistique Canada, ce qui a permis de compenser en partie les baisses enregistrées depuis le début de l’année sur le marché du travail.

Cette hausse de l’emploi a fait en sorte que le taux de chômage a reculé à 6,6 % à l’échelle nationale, alors qu’il s’établissait à 6,9 % en avril.

La baisse a été encore plus importante au Québec, où le taux de chômage est passé de 6,2 % en avril à 5,6 % en mai. L’économie québécoise a ajouté 13 000 emplois en mai, après avoir perdu 91 000 postes nets de janvier à avril.

Sur les réseaux sociaux, le ministre québécois des Finances, Eric Girard, parle de «résultats encourageants dans le contexte».

Statistique Canada indique que les gains enregistrés en mai constituaient la première hausse significative de l’emploi depuis novembre 2025 à l’échelle nationale. L’économie canadienne avait perdu 112 000 emplois nets au cours des quatre premiers mois de 2026.

«Les chiffres sur l’emploi démontrent que l’économie canadienne est résiliente, commente le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, à Shawinigan. Il y a beaucoup de volatilité dans l’économie mondiale, on fait face à un vent de face.»

Les économistes s’attendaient en moyenne à une hausse plus modeste de 10 000 emplois en mai. Ils prévoyaient que le taux de chômage allait rester stable.

Dans tous les secteurs

Statistique Canada précise que les gains en matière d’emploi ont été généralisés dans tous les secteurs et se sont concentrés dans les emplois à temps plein.

Le secteur de la construction a mené le bal avec une hausse d’environ 27 000 emplois le mois dernier. L’emploi a aussi augmenté dans le secteur de l’information, de la culture et des loisirs, tout comme dans celui du transport et de l’entreposage, notamment.

Le secteur de la fabrication, qui est particulièrement vulnérable aux droits de douane, a ajouté un peu moins de 15 000 emplois en mai.

Les jeunes peinent à se trouver un emploi Selon Statistique Canada, le taux de chômage pour les 15 à 24 ans est à 14.3% en avril, c’est seulement 0.3% de moins que le sommet des 15 dernières années, excluant la pandémie. Derrière les chiffres, c’est une réalité que les jeunes et les organismes communautaires qui les épaulent doivent naviguer au quotidien.

À l’inverse, le secteur du commerce de gros et de détail a perdu quelque 35 000 postes le mois dernier.

Le salaire horaire moyen a augmenté de 3,0 % en mai, comparativement à 4,5 % en avril.

Pour les jeunes travailleurs, la saison estivale a connu un meilleur départ que l’an dernier.

Le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans travaillant à temps plein a augmenté de 99 000 en mai, tandis que le taux de chômage de cette tranche d’âge a reculé pour la première fois depuis janvier.

Le taux de chômage des jeunes s’est établi à 13,4 % en mai, ce qui reste supérieur à la moyenne d’avant la pandémie, qui était de 10,8 %.

Les données publiées vendredi sont les dernières que la Banque du Canada pourra prendre en compte avant sa prochaine décision sur les taux d’intérêt, mercredi prochain.

Une économie «résiliente»

La semaine dernière, Statistique Canada a indiqué que la croissance économique avait marqué le pas au premier trimestre. Les estimations préliminaires de l’agence suggéraient toutefois que le produit intérieur brut (PIB) réel était de nouveau en hausse au début du deuxième trimestre.

De nombreux économistes ont fait valoir que la récente faiblesse économique n’atteignait pas encore le seuil de la récession, malgré une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs.

Benjamin Reitzes, premier directeur général, taux canadiens et macroéconomie, chez BMO, souligne vendredi dans une note que le solide rapport sur l’emploi du mois de mai «devrait faire taire les voix alarmistes sur la récession».

Il ajoute que l’économie continue de faire preuve de résilience face aux pressions commerciales exercées par les États-Unis et au choc des prix de l’énergie provoqué par la guerre en Iran.

«Juste au moment où l’on pense que le Canada s’effondre sous le poids d’une série de données négatives, la tendance s’inverse. Nous avons vu ce scénario se reproduire à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée. L’économie n’est pas en plein essor, mais elle ne s’effondre pas non plus», rappelle-t-il.

Andrew Hencic, économiste principal à la Banque TD, indique dans une note qu’«il y a toujours beaucoup de bruit autour des données économiques canadiennes», mais que le solide rapport sur l’emploi renforce ses prévisions d’un rebond de l’activité au deuxième trimestre.

Il ajoute que l’économie continue néanmoins de fonctionner en deçà de son potentiel, ce qui compense les pressions inflationnistes et permet à la Banque du Canada de maintenir ses taux inchangés lors de la réunion de la semaine prochaine.

La banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de quatre décisions consécutives.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste