Mathieu Charbonneau affirme que le moment ne pourrait pas être plus mal choisi. Le prix du diesel a grimpé en flèche au Canada, alors même que les agriculteurs consomment davantage de carburant pour mener à bien la récolte.
«Nous sommes littéralement au pire moment pour subir ce genre de hausses», a-t-il dit à CTV depuis sa ferme de Sainte-Anne-des-Plaines. «Tout augmente et nous sommes actuellement au plus fort de la saison des récoltes.»
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Il cultive 1000 hectares, et cette semaine marque le milieu de la saison du soya.
«Nous avons sept tracteurs qui fonctionnent simultanément et qui consomment 35 litres de carburant par heure chacun», a-t-il précisé, soulignant que le diesel coûte désormais 75 cents de plus le litre qu’il y a six mois.
Il estime dépenser 1000$ de plus par jour en frais de carburant pendant la récolte, ce qui représentera une augmentation de 25 000$ d’ici la fin de l’année.
Outre la hausse du prix du carburant, l’exploitation agricole subit également les effets de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. Des produits comme la farine de soya, qui est ajoutée à l’alimentation des vaches, ont été frappés de droits de douane.
Même s’ils devaient être levés dans un avenir proche, cela ne changerait rien, selon l’agriculteur, car les commandes de semences et d’engrais doivent être passées dès maintenant pour garantir l’approvisionnement au printemps.
«Nous allons devoir les acheter dès maintenant, car au printemps, il n’y aura même plus de stock à vendre. Nous devons réserver notre approvisionnement dès maintenant», a indiqué Mathieu Charbonneau.
Alors que la combinaison des droits de douane et des prix du carburant fait grimper le coût des denrées alimentaires pour les consommateurs, M. Charbonneau a affirmé que de nombreux agriculteurs comme lui n’en tirent aucun avantage, le prix du lait étant réglementé.
«Les producteurs de lait ne tirent aucun avantage de la guerre commerciale», a-t-il mentionné. «Même si le consommateur paie beaucoup plus cher, nous ne voyons pas la couleur de cet argent. Nous attendons simplement que le Conseil canadien des produits laitiers procède à un rajustement du prix (du lait).»
Selon Petro-Canada, le prix du diesel au Québec avoisine les 2,32$ le litre.
M. Charbonneau a précisé que, bien que sa ferme se porte bien pour l’instant, la persistance de cette tendance à la hausse des prix suscite des inquiétudes. « Nous pouvons tenir encore un peu, mais à un moment donné, cela va devenir insoutenable. »

