Économie

Le PIB de juillet est resté stable malgré une progression dans plusieurs secteurs

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Des conteneurs au port de Vancouver le 3 août 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Des conteneurs au port de Vancouver le 3 août 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (DARRYL DYCK)

La croissance du produit intérieur brut est restée pratiquement inchangée en juillet, selon Statistique Canada, après un deuxième trimestre marqué par une forte reprise économique.

L’agence précise mardi que ce résultat a été enregistré malgré une hausse de 1,3 % du secteur de la construction en juillet, qui a ainsi connu son quatrième mois consécutif de croissance après les baisses observées fin 2025 et début 2026.

La construction de bâtiments non résidentiels a connu son meilleur mois depuis le début de l’année 2022, indique l’agence, principalement grâce aux travaux liés à la construction d’un nouvel hôpital à Toronto.

Statistique Canada souligne également qu’une hausse de 1,7 % de la production, du transport et de la distribution d’électricité a permis au secteur des services publics d’enregistrer son meilleur mois de croissance de toute l’année. Une vague de chaleur qui a touché de nombreuses régions du pays en juillet a fait grimper la demande en électricité destinée à la climatisation, selon l’agence.

Les baisses enregistrées en juillet ont concerné les secteurs de l’industrie manufacturière, minière et de l’extraction de pétrole et de gaz, ainsi que le commerce de détail et de gros.

La baisse de 0,9 % enregistrée dans le secteur de la fabrication a constitué le premier recul de ce secteur en quatre mois.

Les secteurs de l’extraction minière et de l’exploitation en carrière ont été durement touchés en juillet, en partie en raison d’une chute de 6,4 % de l’extraction de potasse — la plus forte baisse mensuelle depuis septembre 2025. La hausse de l’extraction des sables bitumineux en juillet a toutefois atténué les baisses plus marquées observées dans les secteurs du pétrole et du gaz.

Par ailleurs, l’activité de vente au détail a reculé dans les stations-service en juillet, ce qui, selon l’agence, a coïncidé avec la hausse rapide des prix de l’essence pendant la haute saison estivale.

Ces estimations d’une croissance nulle en début de troisième trimestre font suite aux prévisions de Statistique Canada, qui tablaient sur une croissance de 3,3 % au deuxième trimestre.

Les données récemment révisées montrent que le PIB a en réalité progressé de 0,4 % en juin, contre une estimation initiale de 0,3 %.

Les premières estimations de Statistique Canada prévoient une reprise de l’économie avec une hausse de 0,2 % en août, mais ces chiffres préliminaires seront révisés le mois prochain.

L’agence indique que les secteurs des industries extractives et du commerce de détail avaient rebondi au cours du mois, une progression contrebalancée par de nouvelles baisses dans le secteur de l’extraction pétrolière et gazière.

L’impact des droits de douane

Les chiffres du PIB d’août refléteront en partie l’impact des nouveaux droits de douane américains de 50 % appliqués à toute une gamme de produits canadiens à compter du 22 août.

«La reprise observée en août renforce notre opinion selon laquelle l’économie canadienne connaissait une reprise satisfaisante en milieu d’année avant l’entrée en vigueur des derniers droits de douane américains», affirme Peter Shannon, économiste chez KPMG, dans une note.

M. Shannon s’attend à ce que l’impact des nouveaux droits de douane américains se fasse sentir de manière significative en septembre et prenne pleinement effet au quatrième trimestre. KPMG prévoit que le PIB sera inférieur d’environ un demi-point de pourcentage sur l’ensemble de l’année si ces droits de douane restent en vigueur.

Benjamin Reitzes, premier directeur général, taux canadiens et macroéconomie, à la Banque de Montréal, indique mardi dans une note adressée à ses clients que la progression enregistrée en août l’amenait à tabler sur une croissance du PIB comprise entre 1,5 % et 2,0 % au troisième trimestre de l’année. Ce chiffre correspond globalement aux prévisions de la Banque du Canada, qui tablent sur une croissance de 1,5 % pour ce trimestre, souligne-t-il.

Les nouveaux droits de douane constituent des obstacles pour l’économie, mais M. Reitzes affirme que les changements de politique budgétaire, tels que la décision d’Ottawa d’étendre les incitations à l’investissement, contribueront à soutenir la croissance.

«L’économie canadienne continue de tenir bon malgré les difficultés commerciales persistantes», observe M. Reitzes.

La Banque du Canada examinera les nouvelles données sur l’emploi et l’inflation pour le mois de septembre, ainsi que les résultats de ses propres enquêtes trimestrielles auprès des entreprises et des consommateurs, avant de faire connaître sa prochaine décision sur les taux d’intérêt le 28 octobre.

M. Reitzes laisse entendre que ces données auraient davantage d’impact sur la décision de la banque centrale que la publication du PIB de juillet.