Le Mexique et les États-Unis ont entamé mercredi à Mexico les négociations formelles de l’Accord de libre-échange nord-américain (ACEUM), qui se déroulent sous la pression de menaces de droits de douane du gouvernement de Donald Trump.
Le ministère mexicain de l’Économie a indiqué dans un communiqué qu’il s’agissait d’«un premier cycle formel de négociations en préparation de la révision conjointe de l’accord», auquel participe également le Canada.
L’ACEUM, entré en vigueur en 2020, doit être réexaminé tous les six ans.
Cet accord de libre-échange est vital pour l’économie mexicaine, les États-Unis étant son principal partenaire commercial et la destination de plus de 80% de ses exportations.
Le premier round de négociations se poursuivra jusqu’à vendredi. Le délégation mexicaine est conduite par le ministre de l’Économie Marcelo Ebrard.
«Les parties ont défini les prochaines étapes pour approfondir les discussions, en vue d’identifier des résultats concrets au bénéfice de la région», ajoute le communiqué.
«Le Mexique et les États-Unis ont réaffirmé leur engagement à continuer de renforcer la coopération bilatérale en faveur d’une Amérique du Nord plus intégrée, plus dynamique et plus robuste», dit encore le ministère.
D’autres séances de négociations auront lieu en juin et en juillet, à Washington et à Mexico, respectivement.
Interrogée sur ce processus lors de sa conférence de presse matinale, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exprimé son optimisme quant à la conclusion d’un accord.
«Ce sera un dialogue très constructif», a-t-elle déclaré en précisant que la veille au soir, Marcelo Ebrard avait déjà eu un premier échange avec le représentant au Commerce des États-Unis, Jamieson Greer.
Ces négociations se déroulent dans un contexte de tensions avec les États-Unis en matière de sécurité, d’autant que Trump a brandi la menace de se retirer de l’accord en arguant qu’il ne bénéficie pas à l’économie de son pays.
Les États-Unis ont déposé fin avril une demande d’arrestation et d’extradition contre 10 responsables du parti Morena au pouvoir, accusés de trafic de drogue dont deux ont déjà négocié leur remise aux autorités américaines.
Parmi ces personnalités, Rubén Rocha Moya, gouverneur de l’État de Sinaloa. Il a fait savoir qu’il avait été entendu mardi pour la première fois par les procureurs fédéraux mexicains.
La demande des États-Unis est actuellement examinée par le bureau du procureur général du Mexique. Claudia Sheinbaum exige des preuves irréfutables des autorités américaines.
Ce sujet sensible a en outre été alourdi par la mort de deux fonctionnaires américains — qui seraient des agents de la CIA — lors d’une opération antidrogue dans l’État mexicain de Chihuahua à la mi-avril.