Économie

Le gouvernement fédéral débloque 673 millions $ pour Postes Canada

Malgré ces fonds réaffectés, Postes Canada aura probablement besoin de plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires.

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Des véhicules dans un centre de tri de Postes Canada, à Burnaby, en Colombie-Britannique, le lundi 29 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Darryl Dyck Des véhicules dans un centre de tri de Postes Canada, à Burnaby, en Colombie-Britannique, le lundi 29 septembre 2025. (DARRYL DYCK)

Le gouvernement fédéral accorde des centaines de millions de dollars à Postes Canada afin de maintenir à flot le service postal déficitaire pendant l’exercice financier en cours.

Un décret du Cabinet accorde à la société d’État en difficulté jusqu’à 673 millions $ afin qu’elle puisse répondre à ses besoins d’exploitation et de revenus jusqu’en mars prochain.

Ce montant provient du report d’environ 1 milliard $ qu’Ottawa avait autorisé dans le cadre d’une injection massive de fonds plus tôt cette année. Il fait également suite à l’injection initiale de 1,03 milliard $ de l’année dernière, qui n’avait pas suffi à maintenir le service postal à flot au-delà du début février 2026.

Malgré ces fonds réaffectés, Postes Canada aura probablement besoin de plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires pour tenir jusqu’à la fin de l’exercice financier, selon Ian Lee, professeur de commerce à l’université Carleton.

«Ils pourraient le verser en deux tranches parce qu’ils comprennent l’impact médiatique», explique M. Lee, qualifiant ce financement de «renflouements» qui semblent moins importants lorsqu’ils sont distribués par petites sommes.

«Postes Canada est insolvable (…) ce qui signifie l’incapacité de respecter ses obligations à leur échéance.»

L’organisation a enregistré une perte avant impôts sans précédent de 1,57 milliard $ en 2025, soit une hausse de 46 % par rapport à l’année précédente. Elle a perdu près de 5,4 milliards $ entre 2018 et 2025, selon le dernier rapport annuel.

Face à la baisse de la demande de lettres et de colis, la société d’État affirme qu’elle doit se moderniser par l’intermédiaire de réformes comprenant des boîtes aux lettres communautaires et d’éventuelles fermetures de bureaux de poste.

«Alors que Postes Canada entame sa transformation, elle continue de faire face à d’importants défis financiers et a eu recours à des fonds remboursables du gouvernement du Canada. Ce passif de financement à court terme, qui s’inscrit dans le cadre de la Loi sur la Société canadienne des postes, vise à garantir que la société puisse maintenir sa solvabilité et poursuivre ses activités», explique vendredi la porte-parole Lisa Liu dans une déclaration envoyée par courriel.

Postes Canada et le syndicat s’affrontent depuis plus de deux ans sur les salaires et les changements structurels au sein de la société d’État, les employés ayant maintes fois organisé des piquets de grève.

Quelque 55 000 membres du syndicat ont commencé à voter le mois dernier sur une convention collective de cinq ans. Le processus s’achève le 30 mai.

Les deux parties ont convenu de ne pas recourir à la grève ou au lock-out pendant la période de ratification, bien que les employés votent également sur l’autorisation d’un mandat de grève, au cas où ils rejetteraient l’accord.

Environ 60 % de l’exécutif du syndicat a approuvé la convention collective proposée, affirmant qu’elle garantit la sécurité de l’emploi, mais la présidente du syndicat a demandé aux membres de la rejeter, arguant qu’elle réduit les droits et la rémunération.