Des milliers de travailleurs et travailleuses du secteur communautaire entament lundi une grève de 10 jours, et ce, un peu partout au Québec. Cette action du mouvement «Le communautaire à boutte», qui regroupe plus de 1600 organismes, se veut un (autre) cri du cœur.
«Dans 90% des équipes de travail, il y a de l’épuisement et de la détresse psychologique. Ce n’est pas normal, le filet social est en train de craquer», a mentionné Mathieu Gélinas, directeur général du Centre d’action bénévole le Trait d’union à Shawinigan.

La grande majorité des organismes communautaires du Québec ont également vu leur clientèle bondir au cours des dernières années ce qui cause une forte pression sur les services.
«On est passé d’environ 800 ménages à 1000 ménages en quelques années à peine. On a des demandes qui proviennent de personnes qu’on ne voyait pas auparavant», a expliqué Annie-Claude Tremblay, directrice générale de Moisson Alma.
La question des salaires est également un enjeu important comme le souligne Caroline Chartier, directrice générale adjointe du Centre Roland-Bertrand.
«Est-ce que c’est normal en 2026 qu’une intervenante qui accueille des gens vulnérables, en détresse, qui vivent de la solitude, obtienne 18,25$ ou 19$ de l’heure? Est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut comme projet de société?», a-t-elle exprimé.

«Pendant des années, du fait de sa résilience, le milieu a fait plus avec des miettes. Au-delà de la mission et de la vocation, on a tous un bill à payer», a pour sa part mentionné Claudia Boudreault, agente de communication et d’engagement communautaire au TROC-02.
Les travailleurs du communautaire seraient d’ailleurs nombreux à quitter le navire en raison des faibles salaires qui ne leur permettraient pas de joindre les deux bouts.
Des activités de mobilisations sont prévues tous les jours d’ici au 2 avril prochain alors que les organismes communautaires cesseront d’offrir certains services.
«C’est une démonstration pour que les gens comprennent que si demain le communautaire n’existe plus nous en verrons les impacts», a confié Mathieu Gélinas.
Les travailleurs et travailleuses derrière le mouvement «Le communautaire à boutte» se réuniront le 2 avril devant l’Assemblée nationale à Québec où plus de 5000 personnes sont attendues.



