Un nouveau rapport indique que les incidents de confidentialité coûtent de plus en plus cher aux entreprises canadiennes.
Les entreprises canadiennes ont déboursé en moyenne 7,11 millions $ par violation de la confidentialité des données en 2026, contre 6,98 millions $ en 2025, selon une étude menée par le géant technologique IBM et publiée mercredi.
Chaque violation a compromis en moyenne 28 500 dossiers, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année dernière. Il a fallu en moyenne 205 jours pour détecter et contenir ces incidents, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2025.
La gestion de ces violations coûte de plus en plus cher, car elle nécessite une approche à plusieurs volets, explique Chris Sicard, leader de la sécurité chez IBM Canada.
«Ce qui fait grimper les coûts, ce n’est pas seulement l’attaque en elle-même, précise-t-il dans un courriel. C’est tout ce qui s’ensuit: l’interruption de l’activité, les efforts de reprise, la communication avec les clients, les obligations légales et réglementaires, ainsi que l’impact sur les opérations quotidiennes.»
IBM classe les atteintes à la sécurité des données parmi les événements au cours desquels des informations à caractère personnel, financier, médical, confidentiel ou exclusif sont mises en danger. Jusqu’à 115 380 dossiers ont été compromis lors de certaines des violations étudiées.
Des dommages collatéraux
M. Sicard souligne que les entreprises ne sont pas les seules à en payer le prix lorsque leurs systèmes et leurs données sont compromis. En raison des dommages pouvant résulter du vol d’informations et des perturbations ou interruptions de service souvent liées aux violations, les clients subissent également des désagréments. Dans certains cas, les entreprises répercutent même les coûts de remise en état sur leurs clients.
L’entreprise de télécommunications canadienne Rogers et sa filiale Fido, ainsi que Telus Numérique, Loblaw, Ordinateurs Canada et Ardene ont tous signalé des incidents de confidentialité cette année.
Cependant, c’est parmi les entreprises du secteur de l’énergie qu’IBM a constaté les coûts moyens les plus élevés liés aux incidents de confidentialité au Canada, avec 9,21 millions $ par incident, suivies par les entreprises technologiques (9,02 millions $) et l’industrie (8,89 millions $).
M. Sicard soupçonne que leurs coûts sont plus élevés, car elles disposent généralement de réseaux plus étendus de clients, de fournisseurs et de partenaires commerciaux, ce qui en fait des cibles plus lucratives pour les pirates.
«Ces organisations ont également tendance à disposer d’environnements complexes, de grandes quantités de données sensibles et d’une très faible tolérance aux temps d’arrêt», détaille-t-il.
Le rôle de l’IA
Les organisations qui recourent largement à l’intelligence artificielle (IA) dans leurs opérations de sécurité ont déclaré des coûts moyens liés aux violations de la confidentialité des données s’élevant à 5,5 millions $, contre 8,91 millions $ pour les entreprises n’utilisant pas l’IA.
Les entreprises utilisent souvent l’IA pour détecter et corriger les vulnérabilités de leur système. Certaines s’appuient même sur cette technologie pour la détection et le confinement des incidents.
Le rapport suggère que les entreprises ayant adopté cette technologie réagissent également plus rapidement face aux attaques. Il leur a fallu 124 jours pour détecter les attaques et 57 pour les contenir. Celles qui ne disposaient pas d’une IA étendue ont eu besoin en moyenne de 154 jours pour la détection et de 71 pour la maîtrise.
Parmi les attaques couvertes par le rapport, 28 % auraient été générées par l’IA.
L’étude d’IBM a été menée par l’Institut Ponemon, un groupe de recherche indépendant établi dans le Michigan qui prône une utilisation responsable des informations et des pratiques de gestion de la vie privée.
L’étude a utilisé un questionnaire en ligne pour recueillir des informations sur les violations subies par 602 organisations à travers le monde entre mars 2025 et février 2026. Une partie des données provenait de suivis téléphoniques réalisés en mai 2026, auxquels 456 des 602 entreprises victimes de violations ont participé.
Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien précise qu’une marge d’erreur ne peut être attribuée aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.

