Économie

Le coût des fournitures scolaires a augmenté au cours de la dernière décennie

«Cette année, j’ai dû réduire les dépenses pour les souliers des enfants. [...] Je me suis contenté d’acheter les fournitures scolaires essentielles.»

Publié le 

Le casse-tête financier du magasinage de la rentrée La rentrée scolaire peut représenter un lourd fardeau financier pour bien des parents québécois. Selon une étude du Conseil canadien du commerce de détail, l’ensemble des achats liés à la rentrée scolaire se chiffre de 600$ à 700$ par enfant.

Pendant la longue fin de semaine de la fête du Travail, sur le stationnement d’un Walmart, Shakeel Ansari remplit le coffre de sa voiture de sacs à dos colorés et de boîtes à lunch pour ses trois enfants, âgés de huit, dix et douze ans.

Il sait que ces nouvelles fournitures scolaires pèsent sur le budget de sa famille à Toronto, mais il ne veut pas mettre un prix sur l’éducation de ses enfants.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«L’année dernière, quand j’ai fait les mêmes achats, j’ai remarqué que cette année, les prix ont augmenté, et je vois les effets concrets de l’inflation dans mes achats quotidiens», a indiqué M. Ansari à CTV News dimanche. «Cette année, j’ai dû réduire les dépenses pour les souliers des enfants. D’habitude, chaque année, j’achète de nouveaux souliers pour eux. Mais, je me suis contenté d’acheter les fournitures scolaires essentielles.»

C’est un sentiment que partagent de nombreux parents, dont la famille Farrell, qui a terminé ses achats de rentrée scolaire, mais qui a aussi dû faire des sacrifices.

«C’est vraiment une grosse dépense; je trouve que les prix sont au moins 20 % plus élevés que l’année dernière», a confié Todd Farrell, dont le fils, Aiden, entre en 10e année cette année. «En gros, on ne va plus aussi souvent au restaurant qu’avant, c’est probablement ce qui nous pèse le plus.»

Les données publiées par Statistique Canada montrent que les prix des manuels scolaires et des fournitures ont augmenté de 24% entre juin 2015 et juin 2026. Les autres livres, à l’exception des manuels, ont vu leur prix grimper de plus de 25%.

Un autre sondage publié par Boston Consulting Group Canada (BCG) a révélé que, parmi les 1200 Canadiens interrogés, 56% des parents ont déclaré que les dépenses de rentrée scolaire ne rentraient pas dans leur budget familial habituel, ce qui souligne que les familles ont du mal à joindre les deux bouts.

«Chaque année, les prix peuvent augmenter de 3% à 5% – mais ça s’ajoute à l’augmentation de l’année précédente – donc au bout d’un certain temps, ça devient trop cher pour les clients», a expliqué dimanche Bruce Winder, analyste du commerce de détail, à CTV News via Zoom. «Tu as plusieurs années d’inflation comme on l’a vu avant la pandémie de COVID-19, et tout à coup, tu commences à voir des hausses de prix assez importantes sur certains articles.»

Rentrée 2026-2027: devant les effets scolaires qui coûtent de plus en plus cher, une mère de famille partage son expérience Les effets scolaires coûtent de plus en plus cher pour la rentrée. Noovo Info s'est entretenu avec une mère de famille qui partage son expérience de la rentrée.

L’expert souligne qu’une multitude de pressions ont entraîné la hausse des prix des fournitures scolaires – notamment la guerre commerciale avec les États-Unis et le conflit en Iran –, ce qui se traduit par des coûts de production et de transport plus élevés.

«Ça a une incidence sur les prix du pétrole, de la résine et du plastique qui entrent dans la composition de certains de ces articles», a-t-il ajouté. «Il y a beaucoup d’incertitude, et quand c’est le cas, les entreprises ont tendance à se couvrir sur les prix; elles peuvent donc se permettre de prendre un peu plus de marge que d’habitude et augmenter un peu plus leurs prix.»

Moshe Lander, professeur d’économie à l’Université Concordia, explique que le manque de concurrence sur le marché des fournitures scolaires, comme c’est le cas pour Hilroy, contribue aussi à la hausse des coûts.

«Tant de secteurs au Canada manquent de concurrence, ce qui donne un pouvoir de fixation des prix aux industries où il y a des situations d’oligopole ou de monopole», a-t-il analysé lors d’une entrevue sur Zoom avec CTV News dimanche. «Tous les élèves canadiens connaissent bien les cahiers Hilroy qu’on emporte à l’école. La marque dispose d’un pouvoir de fixation des prix énorme, car c’est surtout le nom qui compte.»

M. Lander conseille d’essayer de réutiliser autant que possible les fournitures scolaires des années précédentes.