Économie

Le conflit en Iran a pesé sur la confiance des entreprises, selon la Banque du Canada

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Le bâtiment de la Banque du Canada, photographié à Ottawa le mardi 28 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE Le bâtiment de la Banque du Canada, photographié à Ottawa le mardi 28 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

Le conflit en Iran a à la fois sapé la confiance des entreprises et fait grimper en flèche les attentes d’inflation, a révélé la Banque du Canada dans une nouvelle série d’enquêtes sur les perspectives des entreprises publiée lundi.

Ces forces contradictoires pesant sur l’économie ont également poussé la banque centrale à mettre en place de nouveaux indicateurs pour suivre l’évolution de l’activité commerciale et des prix dans un monde de plus en plus exposé aux chocs.

L’enquête sur les perspectives des entreprises montre que les coûts des intrants et l’incertitude géopolitique ont augmenté au cours des trois derniers mois, pesant sur les prévisions de ventes de la plupart des entreprises hors du secteur pétrolier et gazier dans les Prairies.

La part des entreprises s’attendant à ce qu’une récession frappe l’économie au cours de l’année à venir a presque doublé par rapport au trimestre précédent pour atteindre 17 %, même si la Banque du Canada précise que ce chiffre reste inférieur aux niveaux observés en 2025.

La Banque du Canada indique que les anticipations d’inflation des entreprises ont grimpé en flèche parallèlement à la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.

L’ampleur de ces hausses de prix prévues a atteint son plus haut niveau depuis environ quatre ans au cours du dernier trimestre, selon la banque centrale.

Ces anticipations ont toutefois atteint leur pic en avril, puis ont continué de baisser après la signature d’un accord de paix à la mi-juin.

Un accord fragile entre l'Iran et les États-Unis? L’Iran et les États-Unis ont signé cette semaine un protocole d’accord pour mettre fin à plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient.

La Banque du Canada scinde son indicateur de référence en deux nouveaux indicateurs afin de suivre séparément, d’une part, les anticipations des entreprises en matière de ventes, d’embauche et d’investissement et, d’autre part, celles concernant les prix des intrants et de vente, les salaires et l’inflation.

Historiquement, ces indicateurs ont évolué de manière globalement parallèle: lorsque les perspectives des entreprises en matière de ventes baissent, les pressions sur les prix ont tendance à s’atténuer, et inversement.

Toutefois, un responsable de la banque centrale a souligné lundi lors d’une réunion d’information que certains chocs, comme le conflit en Iran, peuvent faire évoluer ces deux indicateurs dans des directions opposées.

«Un indicateur synthétique unique ne peut pas refléter ces deux signaux simultanément», peut-on lire dans un document d’information remis aux journalistes.

«Ces nouvelles mesures synthétiques des perspectives des entreprises canadiennes offrent une vision nuancée des forces de l’offre et de la demande en faisant ressortir séparément les signaux touchant l’activité et les prix», souligne l’enquête.

Par ailleurs, les entreprises font état d’une moindre incertitude liée aux perturbations commerciales avec les États-Unis. Les perspectives d’exportations se sont aussi améliorées pour se situer bien au-dessus des moyennes historiques, grâce à la hausse des prix des matières premières et à la demande en technologies d’intelligence artificielle.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste