Le Canada a envoyé une lettre aux États-Unis et au Mexique pour recommander aux trois pays de renouveler l’accord commercial continental, alors que le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, s’apprête à rencontrer son homologue américain à Washington.
Cette lettre, adressée par M. LeBlanc au représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et au ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, s’inscrit dans le cadre de l’examen obligatoire de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu au Canada sous le nom d’ACEUM.
«Les agriculteurs, entreprises, travailleurs et consommateurs canadiens, américains et mexicains comptent sur l’achèvement rapide de ces discussions afin d’assurer la prévisibilité et la stabilité indispensables au maintien de conditions qui garantissent non seulement leur avenir économique, mais leur permettent également de prospérer», peut-on lire dans la lettre.
M. LeBlanc devrait se rendre à Washington mardi en compagnie de la négociatrice en chef Janice Charette pour une rencontre avec M. Greer. M. LeBlanc et Mme Charette rentreront à Ottawa le jour même, tandis que M. Greer doit se rendre en France mercredi.
Des différends distincts entre les pays
Alors que les négociations commerciales officielles sur l’ACEUM entre Ottawa et Washington n’ont pas encore commencé, les États-Unis et le Mexique ont entamé les leurs.
Le premier ministre Mark Carney a déclaré aux journalistes à Ottawa que les États-Unis avaient des différends distincts avec le Canada et le Mexique.
«Il y a une série de questions, des questions techniques, qu’ils ont avec le Mexique, qu’ils ont avec nous, c’est pourquoi les discussions sont menées séparément», a-t-il affirmé.
Il a précisé que les États-Unis avaient dressé une liste d’une trentaine de points à régler avec le Canada, d’«ordre technique variable».
Ottawa examine également «la possibilité d’un nouveau partenariat» pour atténuer les répercussions des droits de douane distincts imposés par le président américain Donald Trump, qui frappent de plein fouet les industries canadiennes de l’acier, de l’aluminium, de l’automobile et des produits forestiers, a ajouté M. Carney.
L’accord commercial continental a contribué à protéger le Canada et le Mexique des pires répercussions des droits de douane de M. Trump. Le droit de douane global américain actuel de 10 % ne s’applique pas aux marchandises conformes à l’ACEUM.
Plusieurs options possibles
L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain. Mais M. Trump a critiqué cet accord commercial, le qualifiant d’inutile et affirmant qu’il avait peut-être fait son temps.
M. Greer a également déclaré qu’il serait ouvert à deux accords bilatéraux distincts, mais a souligné que certains aspects de l’ACEUM fonctionnent très bien.
L’examen de l’ACEUM offre trois options à chaque pays. Ils peuvent renouveler l’accord pour 16 années supplémentaires, s’en retirer ou signaler à la fois le non-renouvellement et le non-retrait — ce qui déclencherait un examen annuel susceptible de prolonger les négociations jusqu’à une décennie.
La lettre de M. LeBlanc plaide en faveur d’un renouvellement de 16 ans.
«Le Canada se réjouit de poursuivre son engagement avec les États-Unis et le Mexique en vue d’explorer des occasions de faire croître notre partenariat commercial. Nous sommes disposés à examiner toute proposition susceptible de contribuer à la prospérité à long terme des trois nations», a-t-il écrit dans la lettre.
«Parallèlement, des discussions avec les États-Unis sur la question des droits de douane seront essentielles.»

