Le Bureau de la concurrence ouvre une enquête sur l’utilisation des politiques de prix annoncé minimal dans le secteur de l’épicerie, des règles qui peuvent empêcher les détaillants d’annoncer leurs prix les plus bas.
L’autorité de régulation examine si ces politiques rendent les aubaines plus difficiles à trouver, freinent la concurrence entre les épiciers et désavantagent les nouveaux magasins et les magasins à bas prix.
«Les consommateurs canadiens s’attendent à ce que les épiceries puissent annoncer leurs meilleures aubaines», précise Jeanne Pratt, commissaire de la concurrence par intérim, dans un communiqué publié lundi.
«Nous craignons que les politiques qui les en empêchent puissent nuire à la concurrence entre les supermarchés et limiter les bas prix auxquels les consommateurs ont accès. À une époque où le coût des aliments demeure une préoccupation importante pour les Canadiens et Canadiennes, nous souhaitons connaître l’effet de ces politiques sur le prix des produits en épicerie et le choix des consommateurs.»
Les politiques de prix annoncé minimal fixent un seuil minimal au prix auquel les détaillants peuvent annoncer un produit, même s’ils peuvent toujours le vendre à un prix inférieur.
Dans le secteur du commerce de détail, les fournisseurs peuvent recourir à des règles relatives aux prix annoncés pour protéger l’image d’une marque, encourager les détaillants à offrir un meilleur service ou empêcher certains détaillants de tirer profit des efforts promotionnels d’autres détaillants.
Le Bureau de la concurrence donne l’exemple fictif d’un fournisseur fixant un prix minimal annoncé de 2,99 $ pour un paquet de pâtes. Un épicier à bas prix pourrait le vendre à 1,99 $, mais ne pourrait pas annoncer ce prix inférieur, ce qui rendrait l’offre plus difficile à repérer pour les consommateurs et pourrait dissuader le détaillant de la proposer dès le départ.
«Les fournisseurs auront intérêt, pour diverses raisons, à maintenir une sorte de prix minimum pour leurs produits qui puisse faire l’objet d’une publicité», affirme Keldon Bester, directeur du groupe de réflexion Canadian Anti-Monopoly Project.
«Ces pratiques peuvent atténuer les signaux de prix qui stimulent la concurrence, en particulier pour les détaillants à bas prix, ajoute-t-il. Elles peuvent mener à une homogénéisation des prix.»
Le Bureau invite les acteurs du secteur et les consommateurs à lui transmettre des commentaires concernant le recours à ces politiques.
Il précise que les informations reçues serviront à étayer son enquête et à éclairer son examen de la concurrence tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire canadienne.
En juin, l’agence a lancé une enquête sur la concurrence dans le secteur de l’épicerie, portant notamment sur d’éventuels problèmes liés à la production, à la transformation, au transport, à la distribution et à la fixation des prix.

