Économie

L’augmentation des dépenses en défense devrait ajouter 63 G$ au déficit d’ici 2035

Le premier budget fédéral du gouvernement Carney s’est engagé à mettre le Canada sur la voie d’atteindre le dernier objectif de dépenses de l’OTAN.

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Le directeur parlementaire du budget intérimaire, Jason Jacques, parle avec un sénateur à Ottawa le 2 octobre 2025. Le directeur parlementaire du budget intérimaire, Jason Jacques, parle avec un sénateur à Ottawa le 2 octobre 2025. (Adrian Wyld)

L’organisme parlementaire chargé de surveiller les dépenses publiques estime que le projet du premier ministre Mark Carney de consacrer l’équivalent de 5 % du PIB à la défense d’ici 2035 entraînera une augmentation du déficit budgétaire fédéral de 63 milliards $ en 2035.

Un rapport du directeur parlementaire du budget, Jason Jacques, estime que l’augmentation progressive des dépenses de défense de base pour atteindre le nouvel objectif coûtera au pays environ 33,5 milliards $ supplémentaires par an.

Les membres de l’OTAN se sont engagés l’année dernière à atteindre ce nouvel objectif ambitieux de 5 % en réponse à la pression exercée par le président américain, Donald Trump, pour augmenter les dépenses militaires de l’alliance.

M. Carney a annoncé en juin aux alliés de l’OTAN que le Canada augmenterait ses dépenses de défense de base de 3,5 % au cours de la prochaine décennie. Son gouvernement s’est également engagé à consacrer 1,5 % du PIB à des dépenses liées à la défense — notamment pour la construction d’infrastructures de transport et le renforcement des mesures de préparation aux situations d’urgence.

Le premier budget fédéral du gouvernement Carney, publié à l’automne, s’est engagé à placer le Canada sur la voie d’atteindre le dernier objectif de dépenses de l’OTAN.

Le budget 2025 affirme également que le Canada est déjà en bonne voie d’atteindre cet objectif de 1,5 % pour les dépenses liées à la défense grâce aux plans existants sur le plan provincial et sur le plan municipal.

Le rapport de M. Jacques critique le fait que le gouvernement n’ait pas publié de données à l’appui de ses projections et qu’il ne lui ait pas fourni les informations qu’il avait demandées au sujet de ses propres projections internes.

Selon les estimations du DPB, l’augmentation des dépenses au cours de la prochaine décennie pour atteindre l’objectif fixé fera grimper le ratio de la dette fédérale par rapport au PIB de 6,3 points de pourcentage en 2035.

Il prévoit que les dépenses de défense augmenteront de 334 milliards $ supplémentaires au cours de la prochaine décennie, le gouvernement ouvrant progressivement les vannes pour atteindre son nouvel objectif avant la date limite, puis fixer les dépenses de défense de base à environ 159,1 milliards $ en 2035-2036.

Le député du Bloc québécois Gabriel Ste-Marie a évoqué jeudi ce rapport devant un comité de la Chambre des communes.

Il a déclaré que l’augmentation du déficit était très préoccupante, car l’augmentation des dépenses ajouterait 1,4 point de pourcentage supplémentaire du PIB à la dette nationale en 2035.

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a répondu qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de lire le document du DPB et qu’il devait l’examiner attentivement avant de répondre.

Il a toutefois affirmé que le Canada devait redoubler d’efforts, à l’instar des autres pays membres de l’OTAN.

Le ministre a ajouté qu’il espérait que les politiciens du Québec considéreraient l’augmentation du budget de la défense comme un outil économique qui pourrait servir aux petites et moyennes entreprises.

Le gouvernement libéral a promis de publier une stratégie industrielle de défense détaillant ses plans pour le secteur de la défense, mais n’a pas respecté le délai qu’il s’était lui-même fixé, à savoir Noël 2025.

Selon les estimations de l’OTAN, le Canada devait atteindre l’objectif de consacrer 2 % de son PIB à la défense en 2025, un objectif qu’Ottawa n’a jamais réussi à atteindre au fil des ans.

Le bilan final qui montrera si le pays a réussi à atteindre cet objectif, ça ne devrait pas être le cas avant plusieurs mois.

Le gouvernement libéral a insisté sur le fait qu’il atteindra cet objectif de dépenses au cours de l’exercice 2025-2026. Le Canada n’a pas consacré une part aussi importante de son PIB à la défense depuis la guerre froide.

Kyle Duggan

Kyle Duggan

Journaliste