L’Association canadienne de l’immobilier (ACI) a revu à la baisse ses prévisions concernant les ventes résidentielles en 2026 pour un troisième trimestre consécutif.
L’ACI prévoit désormais que 444 530 propriétés résidentielles auront changé de mains à la fin de l’année, ce qui représenterait une baisse de 5,2 % par rapport à 2025.
Ce chiffre est en baisse par rapport à ses prévisions de juillet, qui tablaient sur un recul de 1,4 % par rapport à l’an dernier, ce qui marquait un revirement par rapport à ses prévisions d’avril, qui prévoyaient une hausse de 1,0 %. En janvier, l’association avait prévu une croissance de 5,1 % comparativement à l’année précédente.
Selon l’ACI, le prix moyen national des propriétés devrait augmenter de seulement 0,2 % par rapport à l’année dernière, pour atteindre 681 681 $. Cela représente environ 5000 $ de moins que la prévision publiée cet été.
L’association indique que ses prévisions révisées s’inscrivent dans le contexte d’une année «marquée par des fluctuations importantes», la crise énergétique mondiale alimentant les risques d’inflation et influant sur les coûts d’emprunt.
Elle évoque la hausse des taux hypothécaires fixes et l’incertitude persistante entourant les taux variables, ajoutant que la Banque du Canada a adopté «un ton nettement plus ferme». Ces facteurs ont nui à l’activité immobilière résidentielle en septembre, selon l’ACI.
Les ventes de propriétés résidentielles à l’échelle nationale ont reculé de 7,7 % par rapport au même mois de l’année dernière, tandis que l’activité a également diminué de 2,3 % par rapport au mois d’août.
«Après quatre mois marqués par une légère amélioration de la demande, de l’offre et des prix, de nombreux marchés de l’habitation canadiens ont enregistré un recul en septembre», résume l’économiste principal de l’ACI, Shaun Cathcart, dans un communiqué.
«Ce n’est guère surprenant, compte tenu du récent bond des taux hypothécaires fixes et des prévisions largement répandues selon lesquelles la Banque du Canada annoncera une hausse de ses taux avant la fin de l’année», ajoute-t-il.
Selon M. Cathcart, alors que l’abordabilité du logement est déjà mise à rude épreuve, «la grande question qui se pose désormais est de savoir jusqu’où la Banque devra aller pour contenir l’inflation l’année prochaine».
«Tant que la situation restera floue, cette nouvelle vague d’incertitude risque d’inciter certains acheteurs à retourner en position d’attente», explique-t-il.
Un recul en septembre
En septembre, à l’échelle nationale, le prix de vente moyen des propriétés était de 666 538 $, en baisse de 1,6 % par rapport au même mois l’an dernier.
L’indice des prix des propriétés de l’ACI, qui vise à refléter les ventes de propriétés types, a reculé de 0,4 % entre août et septembre, et de 3,4 % d’une année à l’autre.
Le nombre de propriétés nouvellement mises en vente a diminué de 1,8 % par rapport au mois précédent. Un peu plus de 200 000 propriétés étaient en vente à la fin du mois, soit une hausse de 1,8 % par rapport à l’année précédente.
«Bien que la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis se soit récemment intensifiée et que les préoccupations liées à l’inflation demeurent probablement au premier plan des préoccupations des Canadiens, la hausse des coûts d’emprunt a sans doute été le principal facteur à l’origine de la baisse mensuelle des ventes de propriétés et des prix moyens observée en septembre», observe Rishi Sondhi, économiste à la Banque TD, dans une note.
«À l’horizon 2027, nous prévoyons une faible croissance des prix dans la plupart des régions l’année prochaine, les équilibres instables entre l’offre et la demande exerçant une pression à la baisse supplémentaire sur les prix en Colombie-Britannique et en Ontario.»
L’ACI prévoit désormais une hausse de 4,4 % des ventes résidentielles nationales en 2027, pour atteindre 464 235 unités. Ces prévisions tiennent compte d’une croissance économique lente, mais positive, d’une reprise de la croissance démographique et d’une plus grande certitude pour les emprunteurs quant à l’évolution des taux d’intérêt.
L’ACI estime que ce dernier facteur devrait libérer davantage de demande refoulée sur le marché, même en présence de coûts d’emprunt plus élevés.
Le prix moyen des propriétés à l’échelle du Canada devrait augmenter de 1,2 % par rapport à 2026 pour atteindre 689 909 $ l’année prochaine.

