Les ventes résidentielles ont plongé de 16,2 % en janvier par rapport à l’année précédente, alors que le sud de l’Ontario était frappé par une violente tempête hivernale, indique mercredi l’Association canadienne de l’immobilier (ACI).
Selon les données de l’ACI, 22 533 propriétés résidentielles ont changé de mains à travers le pays le mois dernier, les ventes de janvier ayant également baissé de 5,8 % par rapport à décembre 2025 sur une base désaisonnalisée.
Shaun Cathcart, économiste principal de l’ACI, souligne que cette baisse est principalement due aux régions du Grand Golden Horseshoe et du sud-ouest de l’Ontario, suggérant que cette évolution est probablement davantage liée à la tempête qu’à un ralentissement de la demande.
«Malgré le début d’année frisquet, nous continuons à prédire que 2026 sera en fin de compte une année définie par la demande refoulée des premiers acheteurs qui ont enfin l’occasion d’entrer sur le marché», explique-t-il dans un communiqué de presse.
Le mois dernier, l’ACI a dit s’attendre à une croissance de 5,1 % des ventes nationales de propriétés en 2026, marquant un rebond après le ralentissement du marché induit par les droits de douane l’année dernière.
Pour Joe Ferrante, agent immobilier dans la région de Hamilton, le temps glacial et neigeux a potentiellement contribué à dissuader les acheteurs de se rendre aux visites de propriétés le mois dernier, mais ce n’est pas la principale raison de la baisse d’activité.
Dans la continuité de 2025
Selon lui, la baisse des transactions est probablement une «prolongation» du marché morose de la fin 2025.
«L’année s’est terminée sur une note lente et modérée, et cela s’est simplement prolongé en janvier», affirme M. Ferrante, courtier chez Royal LePage State Realty.
Il ajoute que beaucoup de personnes encore indécises attendent que les prix atteignent leur niveau le plus bas.
Le prix de vente moyen national en janvier était de 652 941 $, en baisse de 2,6 % par rapport à l’année précédente. L’association prévoit que le prix moyen national des propriétés augmentera de 2,8 % sur une base annuelle cette année, pour atteindre 698 881 $.
L’indice des prix des propriétés de l’ACI, qui vise à représenter la vente de résidences types, a légèrement baissé de 0,9 % entre décembre et janvier et a reculé de 4,9 % d’une année à l’autre.
«Je pense que les prix ont atteint leur niveau le plus bas. Je ne pense pas qu’ils vont baisser davantage», indique M. Ferrante, ajoutant que les coûts d’emprunt semblaient également s’être stabilisés.
Le mois dernier, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %.
«Les acheteurs ont donc désormais des coûts fixes sur lesquels ils peuvent réellement se baser pour planifier leurs achats», avance-t-il.
«Je pense que ce n’est qu’une question de temps avant que les acheteurs se manifestent. Ils voulaient des stocks, ils voulaient des taux stabilisés. Tout ce que les acheteurs voulaient est donc là. Mais où sont les acheteurs?»
Inscriptions en hausse
La baisse des ventes en janvier est survenue alors que le nombre de nouvelles inscriptions a augmenté de 7,3 % d’un mois à l’autre.
Selon l’ACI, 140 680 propriétés étaient inscrites à la vente sur tous les systèmes MLS canadiens à la fin du mois de janvier, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente, mais 11,4 % de moins que la moyenne à long terme pour cette période de l’année.
Robert Kavcic, économiste principal à la BMO, prévient que le véritable test de l’ampleur de la reprise du marché aura lieu au printemps.
«Beaucoup parlent de demande refoulée en raison du faible volume des ventes en 2025, mais il existe probablement aussi une offre refoulée importante sous la forme d’inscriptions qui sont restées en attente et ont finalement été retirées après ne pas avoir été vendues», écrit-il dans une note de recherche.
«Nous aurons une meilleure indication lorsque le marché se réchauffera au début du printemps, mais nous nous attendons à ce que toute demande refoulée soit au moins égalée par les annonces refoulées.»
