L’entreprise québécoise Nouveau Monde Graphite franchit une nouvelle étape dans le financement de la prochaine phase de construction et de développement de la mine Matawinie, située dans la région de Lanaudière.
Exportation et développement Canada (EDC), la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) et la société établie à Saint-Michel-des-Saints indiquent mardi avoir signé une entente sur un emprunt garanti de premier rang d’environ 459 millions $.
La facilité de dette permettra le développement, la construction et la mise en service de la mine de graphite, un minéral considéré comme critique au Québec. Il est un excellent conducteur d’électricité et de chaleur et est notamment utilisé dans les batteries lithium-ion.
La mine Matawinie avait été soumise au Bureau des grands projets fédéral par le premier ministre Mark Carney en novembre, afin que le projet aille rapidement de l’avant.
EDC et plusieurs ministres fédéraux soulignent mardi dans un communiqué que cette mine joue un rôle stratégique, en renforçant les chaînes d’approvisionnement nationales, en créant des emplois de haute qualité et en positionnant le Canada comme un fournisseur mondial de confiance de minéraux critiques.
«Le graphite est essentiel aux chaînes d’approvisionnement des piles, à la fabrication de pointe et aux technologies qui façonnent l’économie moderne. Le Canada est le seul pays du G7 à en produire actuellement, et la mise en service de la mine de Matawinie permettra (…) de renforcer le rôle du pays en tant que fournisseur fiable pour ses alliés», indique le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson.
Le fondateur, président et chef de la direction de Nouveau Monde Graphite, Eric Desaulniers, précise pour sa part que le projet, avec le risque financier désormais réduit, est prêt à démarrer.
«Véritable étape décisive pour la mine Matawinie, ce programme de financement mis en place en collaboration avec EDC et la BIC témoigne de la grande expertise canadienne en matière de financement public qui sous-tend les grands projets d’infrastructures stratégiques et d’exploitation de minéraux critiques, et confirme la viabilité financière du projet», souligne-t-il.
Premières étapes complétées
M. Desaulniers ajoute que les travaux préparatoires sont achevés et que les autorisations essentielles ont été obtenues.
Des ententes ont également été signées avec la Première Nation Atikamekw de Manawan et la collectivité locale, rappelle-t-il. L’accord, annoncé fin 2024, prévoyait entre autres la participation de la nation Atikamekw à la gestion environnementale du projet.
Le chef Sipi Flamand avait d’ailleurs réagi positivement, en novembre, à l’inscription de la mine sur la liste des grands projets, qualifiant cette annonce de «parfaitement conforme au processus de réconciliation économique».
Néanmoins, plusieurs groupes avaient alors soulevé des inquiétudes quant à l’impact de la mine sur la qualité de l’eau et aux usages du graphite dans le domaine de la défense.
L’organisme Eau Secours avait notamment pointé que, alors que le projet n’en était qu’à l’étape des forages, «une détérioration inquiétante des cours d’eau» autour de la future mine avait été observée.
Entreprise dans cette dépêche: (TSX:NOU)
