Économie

La guerre en Iran coûte des millions à CAE, qui réduit sa présence mondiale

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CAE a annoncé mercredi soir un résultat net de 31 millions $ pour son premier trimestre. Mélanie Joly, ministre fédérale de l’Industrie, Christine Fréchette, alors ministre de l’Économie du Québec, et Matthew Bromberg, président et chef de la directi... CAE a annoncé mercredi soir un résultat net de 31 millions $ pour son premier trimestre. Mélanie Joly, ministre fédérale de l’Industrie, Christine Fréchette, alors ministre de l’Économie du Québec, et Matthew Bromberg, président et chef de la direction de CAE, visitent un simulateur de Boeing B777 chez CAE, à Montréal, le vendredi 3 octobre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi (Christinne Muschi)

La guerre au Moyen-Orient a coûté des millions de dollars à CAE au cours de son dernier trimestre, alors que l’entreprise traverse une «année de réinitialisation» qui l’amènera à réduire considérablement sa présence mondiale dans le but de diminuer ses dépenses, affirme son président et chef de la direction, Matthew Bromberg.

Le PDG explique jeudi aux analystes que ce conflit est à l’origine des deux tiers de la chute spectaculaire du résultat opérationnel ajusté de son segment d’aviation civile, soit plus de 11 millions $.

«Le Moyen-Orient perturbe les prix du carburant dans le monde entier, ce qui affecte certains de nos clients», indique M. Bromberg lors d’une conférence téléphonique, ajoutant qu’il considère cette baisse des résultats comme temporaire.

«Nous sommes en mesure de collaborer avec bon nombre de nos compagnies aériennes pour réorganiser leurs programmes de formation et les transférer vers d’autres sites, mais cela a un coût, car nous devons déplacer leurs centres de formation et, parfois, leurs instructeurs vers d’autres installations.»

Du côté de l’aviation civile — la plus importante des deux divisions principales de CAE, la défense représentant 45 % du chiffre d’affaires du segment —, le résultat ajusté a reculé de près de 14 % par rapport à l’an dernier pour s’établir à environ 106 millions $ au cours du trimestre clos le 30 juin, principalement en raison du conflit avec l’Iran.

Flambée des prix du kérosène

La flambée des coûts du kérosène, provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz, a entraîné une hausse des tarifs et érodé la demande de voyages, poussant les transporteurs à abandonner des liaisons lucratives — ou potentiellement dangereuses — et réduisant encore davantage les besoins en formation des pilotes.

Le cours de l’action de CAE a chuté d’environ 14 % depuis le début de l’année — il chutait de 5 % rien que jeudi —, suivant la même tendance que les volumes de vols et la demande de formation.

Dans le cadre d’un plan de transformation plus large, M. Bromberg prévoit de réduire considérablement l’empreinte mondiale du fabricant de simulateurs de vol d’ici la fin de l’année dans le cadre d’un plan de transformation plus large, un processus accéléré par les troubles dans le golfe Persique.

L’entreprise occupera 1,7 million de pieds carrés de moins d’ici quelques années, soit une réduction de 17 %. Environ 500 000 pieds carrés seront supprimés dans le segment civil d’ici fin juin, précise-t-il, ce qui représente un repli plus rapide que ce qui a été annoncé précédemment.

Dans le cadre de cette réduction d’activité, l’entreprise établie à Montréal mettra hors service un dixième de ses simulateurs de vol complets — soit environ 25 —, en délocalisera une douzaine d’autres et fermera quatre à six centres de formation à l’aviation civile afin de réduire ses coûts. L’un d’entre eux a déjà fermé ses portes, et un autre devrait suivre avant janvier.

Au 30 juin, CAE comptait 375 simulateurs de vol complets à travers le monde, parmi les installations utilisées pour former plus de 150 000 pilotes par année.

Ces changements s’inscrivent dans le cadre d’une refonte lancée à l’automne dernier, qui vise à réduire les frais de loyer et de main-d’œuvre au sein d’un réseau mondial et à optimiser l’utilisation des installations existantes.

Bien qu’il ait indiqué que l’entreprise pourrait perdre certains clients au cours de ce processus, M. Bromberg s’attend à conserver la quasi-totalité de ses contrats clients, la formation étant transférée vers d’autres sites de CAE.

Le ratio valeur comptable des commandes/ventes de CAE — qui mesure le rapport entre les commandes reçues et les ventes réalisées, et constitue un indicateur clé de la demande à court terme pour les services d’une entreprise — s’est établi à 1,1. Toutefois, son carnet de commandes ajusté a reculé de près de 300 millions $ par rapport à la même période de l’année précédente pour s’établir à 19,19 milliards $.

Changement au CA

Calin Rovinescu, ancien PDG d’Air Canada et président exécutif du conseil d’administration de CAE, annonce jeudi qu’il se retirera de ses fonctions pour devenir «président non exécutif du conseil d’administration» à compter du 1er janvier.

«Cela reflète notre confiance en Matt et le reste de l’équipe de direction, ainsi que leur capacité à mener CAE vers un nouveau chapitre de croissance et de création de valeur», souligne M. Rovinescu.

M. Bromberg a succédé à son prédécesseur, Marc Parent, qui occupait le poste de PDG depuis 2009, il y a exactement un an.

Mercredi soir, CAE a annoncé que ses bénéfices du premier trimestre ont chuté de 46 % par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 31 millions $, tandis que son chiffre d’affaires a progressé de 7 %, atteignant 1,17 milliard $.

Malgré les récentes difficultés, CAE a dépassé les attentes des analystes avec un bénéfice ajusté de 26 cents par action au dernier trimestre — identique à celui de l’année précédente — contre des prévisions de 22 cents par action, selon la société spécialisée dans les marchés financiers LSEG Data & Analytics.

«À court terme, CAE fait face à des conditions de marché un peu moins favorables dans son secteur civil, et les résultats financiers de l’entreprise pour l’année en cours seront également affectés par les perturbations liées à ses activités de transformation», souligne Cameron Doerksen, analyste à la Banque Nationale, dans une note adressée aux investisseurs.

«Cependant, les fondamentaux à long terme de la demande en formation de pilotes demeurent positifs», ajoute-t-il, soulignant que les dépenses mondiales en matière de défense ne montrent aucun signe de ralentissement.

Christopher Reynolds

Christopher Reynolds

Journaliste