Économie

La diversification commerciale est inégale à travers le Canada, selon un rapport

Calgary, Ottawa-Gatineau, Toronto, Saskatoon et Kelownasont les villes qui ont enregistré les progrès les plus marqués en matière de diversification des exportations.

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Un drapeau américain et un drapeau canadien sont visibles au poste-frontière américain-canadien du Rainbow Bridge, le vendredi 20 mars 2026, à Niagara Falls, dans l'État de New York. Photo AP Un drapeau américain et un drapeau canadien sont visibles au poste-frontière américain-canadien du Rainbow Bridge, le vendredi 20 mars 2026, à Niagara Falls, dans l'État de New York. Photo AP (Yuki Iwamura)

Un petit groupe de villes à travers le pays a été le moteur des progrès réalisés par le Canada en matière de diversification commerciale en 2025, tandis que d’autres ont pris du retard, selon un nouveau rapport de la Chambre de commerce du Canada.

Le rapport indique que Calgary, Ottawa-Gatineau, Toronto, Saskatoon et Kelowna, en Colombie-Britannique, sont les villes qui ont enregistré les progrès les plus marqués en matière de diversification des exportations au-delà du marché américain l’année dernière.

Parmi les villes étudiées, Calgary et Ottawa-Gatineau ont enregistré les plus fortes hausses des exportations vers les marchés non américains entre 2024 et 2025, respectivement de 64,67 % et de 64,04 %.

Les exportations de Toronto vers les marchés non américains ont augmenté de 32,82 %, suivies par celles de Saskatoon (32,04 %) et de Kelowna (28,63 %). À l’échelle nationale, les exportations vers les marchés non américains ont augmenté de 16,8 %.

Cette situation souligne à quel point l’ajustement commercial du pays reste inégal d’une région à l’autre, selon le rapport.

Le rapport mentionne que de nombreuses autres villes n’ont pas connu les mêmes gains. Il précise que les régions manufacturières de l’Ontario ont continué à faire face à des performances commerciales globalement plus faibles et à une dynamique de diversification limitée.

Des villes comme Oshawa, London et Kitchener-Cambridge-Waterloo restent fortement liées au marché américain, d’après l’étude.

Le rapport indique que les données révèlent une «divergence croissante» dans les performances commerciales locales à travers le Canada.

La Chambre a publié l’année dernière un rapport indiquant que Calgary, Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick et Windsor, en Ontario, étaient les villes canadiennes qui seraient les plus durement touchées par les droits de douane américains.

Ce rapport indiquait que certaines villes canadiennes, notamment Victoria et Halifax, étaient moins exposées aux droits de douane, car elles exportent davantage vers l’Asie et l’Europe.

Un an plus tard, cette exposition semble se refléter dans les résultats économiques locaux, même si cela ne correspond pas exactement aux prévisions de la Chambre quant aux villes qui auraient pu être les plus durement touchées.

Le gouvernement fédéral s’est fixé pour objectif de doubler les exportations hors États-Unis au cours de la prochaine décennie. La mise à jour économique du printemps du gouvernement indiquait que les exportations de biens et de services hors États-Unis augmenteraient de 33 milliards $ en 2025 par rapport à 2024.

Alors que l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique doit faire l’objet d’une révision cette année, le président américain Donald Trump a utilisé divers outils pour imposer des droits de douane à des pays du monde entier.

Le Canada est durement touché par les droits de douane sectoriels imposés par M. Trump sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et les meubles de rangement.

Un village québécois prêt à se battre contre Trump Lorsque le principal employeur d’un village doit fermer temporairement ses portes, c’est une catastrophe humaine et économique. C’est ce qu’il s’est passé à Saint-Michel-des-Saints dans Lanaudière en raison des tarifs sur le bois d’œuvre de Donald Trump. Mais la petite communauté n’entend pas se laisser faire. Extrait tiré de l’émission Entre les lignes, disponible sur Crave.

Le nouveau rapport de la Chambre indique que les données récentes de Statistique Canada sur les réactions des entreprises aux droits de douane américains suggèrent que de nombreuses entreprises canadiennes s’adaptent prudemment plutôt que de repositionner fondamentalement leurs activités.

Le rapport souligne que, bien que les exportations vers les marchés non américains aient fortement augmenté entre 2024 et 2025, une grande partie de cette croissance provenait de l’expansion des exportateurs existants plutôt que de l’arrivée de nouvelles entreprises sur les marchés mondiaux.

Le nombre d’exportateurs canadiens vendant sur des marchés non américains n’a augmenté que de 6 % d’une année sur l’autre.

Selon le rapport, les données suggèrent que de nombreuses entreprises s’attendent toujours à une stabilisation des conditions commerciales entre le Canada et les États-Unis, malgré des signes indiquant que l’environnement commercial mondial devient plus fragmenté et moins prévisible.

Il indique que les conditions commerciales devraient rester plus volatiles, plus incertaines et plus inégales à l’avenir. La capacité d’adaptation, précise-t-il, dépend du lieu où les entreprises opèrent, de ce qu’elles produisent et de leur degré de dépendance vis-à-vis d’un marché unique.

Le rapport ajoute également qu’environ 90 % des entreprises canadiennes non exportatrices continuent de qualifier leurs activités de «locales».

Candace Laing, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Canada, a fait savoir que les relations commerciales du Canada avec les États-Unis resteront toujours importantes, mais que les recherches montrent que la résilience dépend de plus en plus de la capacité à se diversifier.

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste