Économie

La diffusion en continu avec publicités est populaire face à la hausse des prix

«Même si les prix augmentent, les gens choisissent l’alternative qui coûte nettement moins cher.»

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Les logos des services de diffusion en continu Netflix, Hulu, Disney+ et Sling TV apparaissent sur une télécommande, le 13 août 2020. Les logos des services de diffusion en continu Netflix, Hulu, Disney+ et Sling TV apparaissent sur une télécommande, le 13 août 2020. (Jenny Kane)

Les Canadiens abonnés à des plateformes de diffusion en continu ont de nouveau dû faire face à une hausse des prix l’année dernière, un nouveau rapport estimant que les dix principaux fournisseurs ont augmenté leurs tarifs de 7 % en moyenne.

Le rapport annuel Couch Potato, publié lundi par Convergence Research, indique que les consommateurs continuent de délaisser les forfaits traditionnels de télévision par câble et par satellite au profit de solutions de rechange, comme Netflix, Crave et Disney+, bien que ces géants de la diffusion en continu aient augmenté leurs tarifs ces dernières années.

En 2024, les principaux fournisseurs de services de diffusion en continu avaient augmenté leurs tarifs de 8 % en moyenne pour les clients canadiens, selon les dernières données publiées par la firme.

Cette tendance s’inscrit dans le contexte où les plateformes de diffusion en continu continuent d’orienter les téléspectateurs vers des formules incluant de la publicité. Ces forfaits coûtent moins cher aux abonnés, mais génèrent des revenus supplémentaires pour les entreprises, car celles-ci peuvent vendre des annonces publicitaires.

Le rapport indique que les forfaits avec publicité représentent une économie «significative» pour les abonnés — en moyenne 42 % de moins — par rapport à des offres similaires sans publicité.

«Même si les prix augmentent, les gens choisissent l’alternative qui coûte nettement moins cher», constate Brahm Eiley, président de Convergence Research, lors d’une entrevue.

Prix en hausse pour la plupart des abonnements

L’année dernière, Netflix a augmenté de 2,00 $ le coût mensuel de son forfait standard canadien avec publicité, le portant à 7,99 $ par mois, tandis que le prix de son plan standard sans publicité a augmenté de 2,50 $ par mois pour atteindre 18,99 $. Son forfait premium, qui est sans publicité et permet de connecter davantage d’appareils simultanément, est disponible à 23,99 $ par mois.

Disney+ a également procédé à une hausse de prix pour ses forfaits sans publicité à l’automne. Le coût mensuel de son offre standard en haute définition a augmenté de 3,00 $ pour atteindre 15,99 $, tandis que le prix de son forfait premium 4K a augmenté de 1,00 $ pour atteindre 16,99 $ par mois.

Le prix de l’abonnement standard de Disney+ avec publicité est resté à 8,99 $ par mois.

Par ailleurs, le service de diffusion en continu Crave de Bell Media est proposé à 11,99 $ par mois pour un forfait standard avec publicité, ou à 22,00 $ par mois pour un abonnement premium sans publicité. Il offre des tarifs réduits pour les abonnements annuels ou ceux combinés à d’autres services.

La société mère de Bell, BCE, a déclaré le mois dernier que les abonnements à Crave ont explosé au cours de son dernier trimestre, en raison d’un «engouement mondial sans précédent» autour de sa série originale à succès «Rivalité passionnée», sortie fin novembre. Le nombre total d’abonnements à Crave a atteint environ 4,6 millions au quatrième trimestre de la société, soit une augmentation de 26 % par rapport à l’année précédente.

Elle a indiqué que le chiffre d’affaires numérique total avait augmenté de 6 % en 2025, en partie grâce à la croissance continue du nombre d’abonnés à Crave et aux services de diffusion en continu de sports en direct auprès des consommateurs. La société a également fait état d’une hausse des recettes publicitaires, reflétant la croissance des formules d’abonnement financées par la publicité sur Crave et d’autres plateformes de diffusion de continu.

Vers un surclassement de la télévision traditionnelle

Le rapport Couch Potato estime que les revenus d’abonnement de plus de 55 services de diffusion en continu disponibles dans le pays ont augmenté de 15 % pour atteindre 4,8 milliards $ en 2025. Le rapport prévoit une croissance de 11,5 % cette année, pour atteindre 5,35 milliards $, et estime que les revenus des abonnements à la diffusion en continu dépasseront ceux de la télévision traditionnelle l’année prochaine.

Outre la hausse des prix, M. Eiley indique qu’un autre facteur contribuant à la hausse des revenus d’abonnement était le désir des consommateurs de regarder des séries télévisées et des films sur différentes plateformes. Il précise que les foyers qui paient pour la diffusion en continu ont en moyenne près de trois abonnements chacun.

«Il faut désormais plusieurs sources pour regarder ce que l’on souhaite», indique-t-il.

«C’est un peu différent de ce qu’était la télévision auparavant. On avait un seul abonnement et on avait accès à tout.»

Mais les Canadiens ont continué à se passer du câble et du satellite en 2025, année qui a vu une baisse de 4 % du nombre d’abonnés, selon l’analyse de la société. Les revenus d’abonnement pour les bouquets de télévision traditionnelle ont baissé de 5 % pour s’établir à 6,2 milliards $.

Le rapport estime que 48,5 % des ménages canadiens n’avaient pas d’abonnement à la télévision auprès d’un fournisseur de câble, de satellite ou de télécommunications à la fin de l’année dernière.

Ce chiffre est en hausse par rapport aux 46 % enregistrés en 2024 et devrait atteindre 57 % d’ici 2028.

«C’est en quelque sorte inévitable à ce stade», conclut M. Eiley.

«La télévision traditionnelle est en train de devenir un produit de niche.»

Sammy Hudes

Sammy Hudes

Journaliste