La Coupe du monde de soccer 2026 devrait entraîner une légère hausse du produit intérieur brut (PIB) au Canada, grâce aux dépenses liées au tourisme et à l’hôtellerie, selon un nouveau rapport d’Études économiques BMO.
«Le point essentiel est qu’un événement sportif ou de divertissement de cette envergure a des retombées économiques réelles», a souligné Doug Porter, économiste en chef chez BMO, lors d’une entrevue.
«Mais je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusions: il s’agit simplement d’un effet de rebond de courte durée lié à l’augmentation des dépenses, et celui-ci a tendance à être relativement modeste», a-t-il précisé.
Pour l’économie canadienne, le rapport indique que les retombées du tourisme sont estimées entre 1 et 5 milliards $, tandis que l’augmentation des dépenses des résidants est estimée entre 500 millions et 1,5 milliard $.
Ces gains pourraient se traduire par une hausse du PIB trimestriel du Canada d’environ 0,1 point de pourcentage en rythme annualisé, selon le rapport, répartie entre le deuxième et le troisième trimestre.
L’impact sera le plus marqué en Ontario et en Colombie-Britannique, où se dérouleront les matchs.
M. Porter a mentionné que toute croissance, «quelle qu’en soit l’ampleur, serait la bienvenue et utile, étant donné que l’économie canadienne a vraiment eu du mal à croître au cours de l’année écoulée».
«Même une croissance modeste devrait être considérée comme une victoire», a-t-il ajouté.
Statistique Canada a indiqué la semaine dernière que la croissance économique avait marqué le pas au premier trimestre, entraînant une deuxième baisse consécutive du PIB réel, ce qui répondait à certaines définitions d’une récession technique.
Avec le début du tournoi prévu plus tard ce mois-ci, le rapport avance que les États-Unis seront les principaux bénéficiaires des dépenses touristiques, mais que le Canada et le Mexique en tireront également profit.
Les dépenses dans les bars et les restaurants devraient augmenter, d’après le rapport.
«Cependant (...), seules les dépenses des voyageurs internationaux peuvent être considérées comme un bénéfice net, car les résidants détourneront en grande partie de l’argent qui aurait autrement été dépensé pour d’autres activités ou à d’autres moments», précise le rapport.
Des données de Moneris, publiées en 2023, ont révélé que les dépenses dans les bars et les restaurants avaient augmenté de plus de 10 % au Canada pendant la Coupe du monde 2022.
Le rapport de la BMO indique que l’argument économique le plus solide en faveur de l’organisation de la Coupe du monde réside dans une hausse de la demande à court terme, mais pas comme base d’une croissance à plus long terme.
Auparavant, les organisateurs de la Coupe du monde avaient vanté les retombées économiques potentielles de l’événement.
La FIFA estimait à 940 millions $ la retombée économique pour la région du Grand Toronto, tandis que le gouvernement de la Colombie-Britannique avait déclaré l’année dernière que l’événement générerait plus d’un milliard $ de recettes touristiques au cours des cinq années suivant les matchs.
Le mois dernier, l’organisme fédéral de surveillance budgétaire a affirmé que le Canada dépenserait un peu plus d’un milliard de dollars pour accueillir la Coupe du monde cet été.
Cette somme comprend les fonds provenant de tous les niveaux de gouvernement. La contribution du gouvernement fédéral devrait s’élever à 473 millions $.
Le total de 1,07 milliard $ équivaut à une moyenne de 82 millions $ dépensés par match pour les 13 rencontres qui se dérouleront à Toronto et à Vancouver.

