La Banque du Canada maintient mercredi son taux directeur inchangé pour la sixième fois consécutive, car elle s’attend à ce que l’économie rebondisse après un début d’année difficile.
Le taux directeur de la banque centrale reste à 2,25 % à l’issue de cette décision, largement anticipée par les économistes.
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, indique dans un discours préparé que l’économie est toujours confrontée à une incertitude accrue, mais que les responsables de la banque centrale sont de plus en plus convaincus que l’économie parvient à surmonter ces difficultés.
Tout en précisant que le Conseil de direction de la Banque du Canada reste prêt à ajuster son taux directeur si nécessaire, il souligne que les responsables considèrent que le taux actuel se situe au niveau approprié pour ramener l’inflation à 2 % et soutenir la reprise économique.
M. Macklem dit qu’il existe un risque que l’inflation reste bloquée au-dessus de l’objectif de 2 % de la banque centrale à mesure que celle-ci assouplit sa politique.
Toutefois, sa déclaration écrite ne fait plus mention de la nécessité éventuelle de hausses consécutives des taux ou d’une nouvelle baisse, en fonction de l’évolution de l’économie.
Une économie qui s’améliore
À l’approche de l’annonce de mercredi, les données récentes laissaient entendre à la Banque du Canada que la situation sur le marché du travail et dans l’économie s’améliorait progressivement après un début d’année difficile.
Une contraction inattendue de l’économie en début d’année a surpris la banque centrale, qui tablait sur une croissance annualisée de 1,5 % au premier et au deuxième trimestre. Même avant cela, M. Macklem avait noté que l’économie peinait à croître.
«La croissance du produit intérieur brut (PIB) au Canada a fait du surplace au cours de la dernière année, l’économie s’ajustant aux nouveaux droits de douane, à l’incertitude élevée et à la croissance démographique plus lente», explique-t-il.
Dans son rapport actualisé sur la politique monétaire publié mercredi, la banque centrale indique que les freins temporaires pesant sur la production automobile et un retard inattendu des dépenses publiques au cours des trois premiers mois de l’année devraient se résorber, ouvrant la voie à une croissance de 2,5 % au deuxième trimestre.
L’inflation a quant à elle atteint 3,2 % en mai, le choc énergétique mondial provoqué par le conflit en Iran ayant fait monter en flèche le prix de l’essence au cours du printemps. La Banque du Canada précise dans son rapport que l’inflation reste proche de son objectif de 2 % si l’on exclut les prix de l’essence.
Les conséquences du conflit en Iran
Cela suggère que la hausse des prix liée au conflit en Iran ne s’est, jusqu’à présent, pas beaucoup répercutée sur les autres composantes du panier de consommation.
La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran fait à nouveau grimper les cours mondiaux du pétrole. Les prix de l’essence restent «volatiles et dépendent fortement de la situation au Moyen‑Orient», note le rapport.
«Jusqu’ici, nous avons fait abstraction des effets directs des prix plus élevés du pétrole sur l’inflation, mais plus ils resteront élevés longtemps, plus ils risqueront de se répercuter sur les prix d’autres biens et services», souligne M. Macklem.
«Comme nous l’avons dit dans le passé: nous ne laisserons pas les prix plus élevés du pétrole se transformer en inflation persistante.»
Pour évaluer les répercussions durables du conflit au Moyen-Orient, l’un des facteurs suivis par la Banque du Canada est la durée pendant laquelle les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement, liés aux perturbations dans le détroit d’Ormuz, continueront d’affecter les volumes d’expédition.
La banque centrale s’attend à ce que les répercussions du conflit continuent d’alimenter la hausse de l’inflation, en particulier à la pompe et à l’épicerie, jusqu’au début de l’année 2027. L’inflation alimentaire devrait rester tenace en raison de la hausse des coûts du carburant et des engrais à court terme.
Encore de la marge
La faiblesse de la demande dans l’économie pourrait limiter la mesure dans laquelle les entreprises répercutent sur les consommateurs la hausse des coûts liée au conflit, mais la banque centrale a également souligné qu’un dollar canadien faible pourrait entraîner une hausse des prix des produits importés.
Katherine Judge, économiste à la Banque CIBC, écrit mercredi dans une note adressée à ses clients que les prévisions actualisées de la banque centrale montrent qu’il reste encore beaucoup de marge à absorber dans l’économie.
Selon elle, cette vision d’une économie en perte de vitesse concorde avec les prévisions de la CIBC, selon lesquelles la Banque du Canada maintiendra son taux directeur inchangé jusqu’à la fin de l’année 2026.

