Économie

La Banque du Canada estime que le secteur financier fait preuve de résilience

«L’environnement économique et géopolitique est devenu plus volatil.»

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Le bâtiment de la Banque du Canada à Ottawa, le mardi 28 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE Le bâtiment de la Banque du Canada à Ottawa, le mardi 28 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

La Banque du Canada estime que le système financier a fait preuve de résilience après une année mouvementée, mais les responsables de la banque centrale mettent en garde contre l’aggravation des risques sur la scène internationale.

La banque publie jeudi son rapport annuel sur la stabilité financière, qui identifie les principaux risques pesant sur les marchés, les ménages et le système financier dans son ensemble.

La première sous-gouverneure, Carolyn Rogers, souligne dans un discours préparé que le rapport n’est pas une prévision et qu’il ne guide pas les décisions en matière de taux d’intérêt.

Le rapport de la banque centrale présente une série de risques liés à la géopolitique, à l’intelligence artificielle et à l’activité mondiale en matière de dette souveraine.

Mme Rogers indique que, pris isolément, ces points de vulnérabilité semblaient «gérables».

Mais elle met en garde contre le fait qu’un choc économique important pourrait déclencher simultanément de multiples vulnérabilités, provoquant une cascade d’événements qui mettrait à l’épreuve la résilience financière du Canada.

«L’environnement économique et géopolitique est devenu plus volatil. Il est donc plus probable que, advenant un nouveau choc ou une combinaison de chocs, plusieurs vulnérabilités se matérialisent simultanément», détaille Mme Rogers.

Et les droits de douane?

Il y a un an, une grande partie du rapport sur la stabilité financière était consacrée aux risques liés aux droits de douane américains.

L’incertitude persiste sur le front commercial, note Mme Rogers jeudi. Mais jusqu’à présent, les conséquences de ces perturbations n’ont pas été aussi graves que la Banque du Canada le craignait initialement.

Plus récemment, la Banque du Canada s’est préoccupée de la guerre en Iran et de son impact sur les marchés mondiaux – mais les responsables affirment que le système financier s’est jusqu’à présent montré stable face à cette incertitude également.

Le manque de clarté quant à la durée du conflit et à la manière dont il pourrait se résoudre demeure un risque.

Des prix mondiaux du pétrole qui resteraient élevés en raison de la guerre en Iran, s’ils s’accompagnaient de tensions sur les marchés financiers, pourraient mettre à l’épreuve la résilience du Canada, prévient le rapport. Un tel scénario pourrait entraîner une hausse de l’inflation et le maintien d’une politique monétaire restrictive, tandis que le chômage augmenterait et que les prix de l’immobilier baisseraient.

L’intelligence artificielle suscite quant à elle des inquiétudes quant à des perturbations dans certains secteurs, à la perspective d’un surinvestissement et aux risques de cyberattaques de plus en plus sophistiquées.

Une bonne santé financière malgré tout

Malgré ces vents contraires, la Banque du Canada considère que les ménages et les entreprises sont globalement en bonne santé financière.

Les précédents rapports sur la stabilité financière ont également mis en évidence les risques liés à une vague imminente de renouvellements de prêts hypothécaires, les propriétaires qui ont acheté au plus fort de la pandémie voyant leurs prêts renouvelés à des taux d’intérêt plus élevés.

Mais les responsables s’attendent désormais à ce que cette pression s’atténue en grande partie d’ici un an, à mesure que la dernière vague de renouvellements de prêts hypothécaires se déroulera au cours des 12 prochains mois.

Les banques canadiennes ont affiché une forte rentabilité et constituent davantage de provisions pour couvrir les créances douteuses, note le rapport, ce qui les protège des risques d’un ralentissement économique grave.

Bien que le Canada ait connu certaines tensions au cours de l’année écoulée, le sous-gouverneur Toni Gravelle indique dans son discours que ces épisodes n’ont pas entraîné de tensions financières généralisées.

M. Gravelle souligne que les chiffres globaux peuvent masquer des vulnérabilités, et que les ménages les plus endettés sont les moins à même d’absorber des chocs financiers, tels qu’une perte d’emploi soudaine.

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste