La Banque de Montréal renforce son engagement dans le secteur de la défense, alors que le gouvernement fédéral envisage d’investir davantage dans ce domaine dans le cadre de son programme visant à bâtir le Canada.
Darryl White, chef de la direction de BMO Groupe financier, souligne que l’établissement bancaire «répond au signal» envoyé par le gouvernement fédéral canadien, dans un contexte d’engagements visant à augmenter les dépenses de défense.
M. White précise que la banque est présente depuis longtemps dans le secteur de la défense, au service d’entreprises nationales de toutes tailles.
«Nous tirons parti de l’un de nos atouts et nous nous y consacrons encore davantage qu’auparavant», explique-t-il.
La Banque de Montréal (BMO) annonce mercredi dans un communiqué de presse qu’elle coanimera jeudi à Toronto, en collaboration avec l’Institut de finances internationales, un forum sur la défense qui réunira des responsables financiers de l’industrie canadienne de la défense.
Plusieurs mesures
Cette annonce marque une nouvelle étape dans l’orientation de BMO vers le secteur de la défense.
En septembre, BMO a annoncé son intention de mobiliser jusqu’à 70 milliards $ de nouveaux capitaux sur 10 ans pour les secteurs clés de l’économie canadienne, dont la défense. Parmi les autres secteurs concernés figuraient les infrastructures électriques, énergétiques et de transport, ainsi que le pétrole et le gaz, l’exploitation minière et l’intelligence artificielle.
D’autres grandes banques ont pris des mesures similaires.
La Banque CIBC s’est engagée à consacrer 2 milliards $ au soutien des petites et moyennes entreprises du secteur de la défense, dont les activités ont une double utilisation dans le secteur civil. De son côté, la Banque TD s’est engagée à investir 150 milliards $ sur cinq ans pour accélérer les investissements dans des secteurs clés, dont la défense.
En février, BMO a annoncé avoir rejoint la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR). Cette banque internationale, portée par les pays de l’OTAN, a pour objectif de réduire les coûts d’emprunt liés aux dépenses militaires en mutualisant la capacité de crédit.
Les six grandes banques canadiennes ont toutes apporté leur soutien à la BDSR.
Optimisme sur les objectifs
Dans un rapport publié en octobre, les économistes de BMO ont estimé que l’engagement du Canada à consacrer 5 % de son PIB annuel à la défense d’ici 2035 générerait un impact économique annuel d’environ 150 milliards $ d’ici cette date.
«Cela fait très longtemps que nous n’avons pas vu dans ce pays une initiative capable, à elle seule, de générer un impact économique d’une telle ampleur», souligne M. White, ajoutant qu’il est optimiste quant à la possibilité d’y parvenir.
«Est-ce que je pense que la probabilité d’y parvenir est élevée? Oui, car que ce soit du côté des marchés publics ou de celui des infrastructures, il existe des engagements qui, selon moi, seront tenus, et nous comptons jouer un rôle très important à cet égard.»
Les initiatives de BMO font suite au rassemblement, en septembre à Toronto, de centaines de dirigeants et de gestionnaires d’actifs internationaux à l’occasion du premier sommet canadien de l’investissement. Le premier ministre Mark Carney s’est fixé l’objectif ambitieux d’attirer 1000 milliards $ de nouveaux investissements au Canada au cours des cinq prochaines années.
M. White affirme que le climat d’investissement étranger au Canada a changé.
«J’observe cette évolution depuis très longtemps. (…) Au cours des deux dernières années, les investisseurs internationaux se sont de plus en plus rapprochés du moment où ils pourront se lancer dans l’investissement au Canada», explique-t-il.
«Je pense que ce sommet a constitué un point de convergence qui nous a permis de rapprocher au maximum les acteurs concernés du terrain.»
Il précise toutefois que ce n’est généralement pas lors de sommets que les accords sont conclus.
«On a tendance à idéaliser un peu le fait que les gens se rencontrent lors de sommets et concluent des accords. Ce n’est pas vraiment ainsi que cela fonctionne», rappelle-t-il.
M. White pointe qu’il s’agit d’un lieu où les participants nouent davantage de relations et se familiarisent avec les occasions d’investissement, mais que les accords ne se concluent que lorsque les conditions sont réunies et que les lettres d’intention commencent à circuler.
«Je ne pense pas que nous en soyons encore là, mais nous avons certainement bien préparé le terrain, bien plus que nous ne l’aurions fait autrement.»
Nomination dans le secteur
La nomination de Michael Bonner au poste de président du secteur de la défense canadienne de BMO constitue un autre signe de l’expansion de la banque dans ce secteur. M. Bonner assurera la liaison avec les organismes gouvernementaux et les associations sectorielles en matière de financement de la défense, de crédit à l’exportation et d’approvisionnement.
«BMO dispose de l’expérience, du savoir-faire et du réseau nécessaires pour aider ses clients, quelle que soit leur taille, à tirer parti de cette croissance», souligne M. Bonner dans un communiqué de presse.
Les commentaires de M. White interviennent alors qu’il doit prendre la parole mercredi lors du Toronto Global Forum.
«Cet événement rassemble des dirigeants du monde entier qui façonnent leurs économies et permet ainsi de partager les meilleures pratiques face au réalignement géopolitique auquel nous assistons», ajoute-t-il.
Parmi les thèmes majeurs figurent l’intelligence artificielle, l’énergie, les infrastructures, la finance et la défense.

