Hydro-Québec tâte le terrain afin d’évaluer la possibilité de s’approvisionner auprès d’un parc éolien en mer en Nouvelle-Écosse.
La société d’État lance un appel d’information au marché afin d’évaluer cette option, annonce-t-elle mercredi.
La démarche survient au moment où la Nouvelle-Écosse veut exploiter son potentiel éolien en mer. Le marché de la Nouvelle-Écosse étant relativement petit, l’objectif est d’approvisionner les autres provinces canadiennes.
«Ça peut être une bonne source d’approvisionnement pour le Québec et c’est le temps actuellement de se positionner», juge le directeur principal du parquet de transactions énergétiques d’Hydro-Québec, Simon Bergevin, en entrevue.
Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a identifié quatre zones, avec un potentiel de production estimé à 62 000 mégawatts (MW) «et potentiellement plus», selon son plan de développement dévoilé cet automne.
«Le lancement d’une première phase de 5000 (MW) pourrait produire 24 térawattheures (TWh) d’énergie propre annuellement et entraîner des investissements d’entre 45 milliards $ et 75 milliards $», peut-on lire dans le document.
Si une ligne est construite pour approvisionner le réseau d’Hydro-Québec, cela pourrait être un projet d’entre 1000 MW et 1500 MW qui produirait de 12 à 14 TWh d’énergie, évoque M. Bergevin pour donner une idée de grandeur. En comparaison, le complexe de la Romaine est à un peu plus de 8 TWh.
Avant toute chose, Hydro-Québec veut «se faire une tête» pour déterminer si cette filière répondrait à ses besoins, explique M. Bergevin.
«Pour nous, c’est vraiment de bien comprendre les technologies, les échéanciers, les coûts liés à ce projet-là, autant pour le développement éolien sur mer que pour la ligne de transport, l’acceptabilité sociale aussi», énumère-t-il.
Rien ne dit qu’Hydro-Québec choisira cette option comme source d’approvisionnement, nuance M. Bergevin. «Il n’y a rien de contraignant dans tout ça.»
La société d’État veut notamment évaluer les défis techniques liés à l’éolien en mer, notamment celui de raccorder un parc à son réseau.
L’idée est d’évaluer la faisabilité des échéanciers proposés et le risque de dépassements de coûts. On veut aussi voir quels tracés seraient possibles pour le raccordement entre la terre et la mer.
Si Hydro-Québec décide d’aller de l’avant, un projet pourrait se concrétiser vers 2037, estime M. Bergevin. «On est avant 2040.»
L’appel d’information prend fin à la mi-mai. «Je dirais plus à l’automne où on se décidera si on poursuit avec une stratégie maritime ou, finalement, si c’est quelque chose qui s’intègre mal ou dont les coûts sont trop dispendieux par rapport à d’autres options, par exemple.»
Peu importe, la décision n’affectera pas les investissements prévus par la société d’État au Québec, assure M. Bergevin.
Pour sa part, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, accueille favorablement la démarche d’Hydro-Québec. «Ceci contribuera à mettre en confiance les promoteurs qui veulent participer à l’appel d’offres et investir dans l’infrastructure de transport», commente-t-il dans une déclaration écrite.

