MONTRÉAL — Hydro-Québec a tout intérêt à mieux planifier ses investissements dans le réseau électrique avec les provinces et les États américains voisins, croit le professeur de HEC Montréal Pierre-Olivier Pineau.
Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie souligne que les provinces de l’Atlantique, l’Ontario, le Québec ainsi que les États de la Nouvelle-Angleterre et de New York ont des réseaux électriques morcelés, en mêlée de presse en marge d’un panel qu’il animait pour le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).
«Ça n'a aucun sens d'avoir autant de morcellement, déplore-t-il. C'est vraiment sous-optimal.»
M. Pineau donne l’exemple de l’Italie qui, avec une population similaire, n’aurait qu’un seul réseau électrique.
L’idée n’est pas de passer «le rouleau compresseur», précise l’expert. «Il faut quand même se dire qu'il y a des économies d'échelle et il y a des gains à harmoniser les règles et à échanger.»
Tous les partenaires sortiraient gagnants d’une meilleure collaboration, selon lui. Il donne en exemple le potentiel éolien au Québec et dans l’État de New York, «qui n’est pas du tout corrélé».
En période de forte capacité, les projets éoliens new-yorkais risquent de produire des surplus qui ne pourraient être vendus. «S'ils n'ont pas de ligne de transport pour écouler les surplus, ils vont se retrouver avec trop d'électricité, qui va être perdue. C'est imbécile, alors qu'Hydro-Québec pourrait remplir ses réservoirs (en achetant le surplus et en produisant davantage à un autre moment).»
Échanges entre partenaires
M. Pineau a animé un panel sur la collaboration entre Hydro-Québec et ses voisins américains. Malgré les tensions commerciales, le courant continue de passer entre le Vermont et Hydro-Québec.
«Notre relation est importante et contribue à réduire le coût de la vie au Vermont», a affirmé le commissaire du Département des services publics du Vermont, Kerrick Johnson.
Les provinces et États de la région doivent composer avec des défis similaires, notamment la décarbonation de l’économie et le déploiement de nombreux centres de données énergivores, a souligné la directrice des politiques étatiques et régionales du Harvard Environmental & Energy Law Program, Dale Bryk.
Le chef de l’exploitation d’Hydro-Québec Energy Services aux États-Unis, Serge Abergel, n’était pas disponible pour répondre aux questions des médias après l’événement.
Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

