Le faible niveau d’eau dans ses réservoirs et un hiver plus froid ont donné du fil à retordre à Hydro-Québec au premier trimestre, qui s’est soldé par un bénéfice net de 1,850 milliard $, en baisse de 206 millions $ par rapport à la même période en 2025.
Selon le vice-président exécutif et chef de la direction financière, Maxime Aucoin, la société d’État a été confrontée à un «environnement exigeant» dans les premiers mois de 2026, nécessitant «une gestion rigoureuse» des finances et des stocks énergétiques.
Il a pointé comme facteur la faible hydraulicité, c’est-à-dire un manque d’eau dans les réservoirs, ainsi que les périodes de froid intense au cours de l’hiver qui ont soutenu la consommation.
Des périodes de pointe importantes ont été enregistrées, ce qui s’est traduit «par un volume de ventes record au Québec, au-dessus de 59 térawattheures (TWh)», a indiqué M. Aucoin en conférence de presse, vendredi.
«C’est un sommet pour nous. Ça nous rappelle que la demande au Québec continue de croître pour l’électricité», a-t-il dit.
Les ventes d’électricité à l’intérieur de la province ont ainsi enregistré une hausse de 275 millions $ au premier trimestre de l’année, par rapport à la même période l’an dernier.
Ce contexte climatique et de faible hydraulicité a aussi amené Hydro-Québec à réduire ses exportations afin de prioriser l’approvisionnement énergétique du Québec. À l’inverse, la société s’est davantage tournée vers d’autres marchés pour acheter de l’électricité.
Résultats: les ventes d’électricité hors Québec ont connu un recul de 272 millions $, tandis qu’Hydro-Québec a dépensé 447 millions $ de plus que l’an dernier pour s’approvisionner ailleurs.
Essentiellement, les chiffres sur les importations et exportations, jumelés aux ventes internes, expliquent le bénéfice net de 1,850 milliard $, qui se situe dans la moyenne des cinq dernières années pour le premier trimestre, a soutenu M. Aucoin.
«C’était à peu près 10 % en dessous de celui de l’année dernière qui, on se souviendra, a été élevé vu les prix à l’exportation particulièrement élevés qu’on avait réussi à aller chercher l’hiver dernier», a-t-il précisé.
Au premier trimestre de 2026, la société a acheté «légèrement» plus qu’elle a exporté, a indiqué M. Aucoin, évoquant que les prix à l’exportation et à l’importation étaient assez similaires.
La mise en exploitation commerciale de l’interconnexion des Appalaches-Maine (NECEC) a aussi marqué le début d’année chez Hydro-Québec. Elle a généré 215 millions $ au cours du trimestre.
«Gestion prudente» des stocks
M. Aucoin a voulu se faire rassurant sur les stocks énergétiques, alors que Radio-Canada rapportait vendredi que le niveau du plus important réservoir d’Hydro-Québec, Caniapiscau, est à 24 % de sa capacité.
«Oui, Caniapiscau a un niveau, je pense, autour de 24-25 % rempli, mais on a d’autres réservoirs qui sont au-dessus de leur moyenne. On pense à Manic-5, par exemple, qui est autour de 69-70 % rempli», a exposé le dirigeant.
L’an dernier, le «Journal de Montréal» rapportait que le réservoir de Caniapiscau était à 43 % de sa capacité à la mi-juin. L’évolution de la situation peut s’expliquer par une multitude de facteurs, comme les quantités de précipitations et la gestion du réservoir, a évoqué M. Aucoin.
La faible hydraulicité est un problème auquel est confrontée Hydro-Québec depuis trois ans. M. Aucoin a expliqué, graphique à l’appui, que la société d’État avait vécu des périodes similaires en 2004-2005 et en 2014-2015, où les niveaux de stocks énergétiques étaient plus bas qu’actuellement.
Au 1er mai, les stocks dans l’ensemble des réservoirs totalisaient 43,6 TWh, soit un peu plus que la trentaine de TWh en début d’année, ce qui reflète la «gestion prudente» qu’adopte Hydro-Québec en ajustant ses exportations et importations, a fait valoir M. Aucoin.
Selon les projections présentées vendredi, la société prévoit un retour graduel vers la normale au cours des prochaines années.
Par ailleurs, Hydro-Québec indique avoir poursuivi le déploiement de son Plan d’action 2035 avec des investissements de 1,6 milliard $ pour la période allant de janvier à mars.

