Alors que les droits de douane de rétorsion du Canada à l’encontre des États-Unis doivent entrer en vigueur la semaine prochaine, de nombreux consommateurs s’inquiètent de l’impact de ces surtaxes sur les produits visés.
Des experts comme Ian Lee, professeur agrégé à la Sprott School of Business de l’Université Carleton à Ottawa, a avancé que les contre-tarifs du gouvernement fédéral rendront les produits américains plus chers pour les Canadiens.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«S’ils ont de toute façon l’intention de les acheter, ils devraient probablement le faire avant le 8 septembre», a-t-il dit lors d’une entrevue vidéo accordée lundi à CTVNews.ca. «Si votre réfrigérateur ou votre laveuse tombe en panne et que vous devez les remplacer, cela vous coûtera beaucoup plus cher après le 8 septembre; c’est donc un choix que les gens doivent faire.»
Les pourparlers commerciaux ont échoué entre Ottawa et Washington le 21 août, ce qui a entraîné l’imposition de droits de douane de 50 % sur des milliards de dollars de produits canadiens. En représailles, Ottawa a annoncé la semaine dernière des contre-droits de douane équivalents, dollar pour dollar, sur environ 700 produits importés des États-Unis d’une valeur de 27,6 milliards de dollars.
Les contre-droits de douane du Canada, qui varient entre 15, 25 et 50 pour cent, entreront en vigueur le 8 septembre. Ces importations visées vont des produits de maquillage et des appareils de cuisine aux téléphones intelligents et à certains produits laitiers, y compris ceux visés par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).
Colin Mang, économiste à l’Université McMaster de Hamilton, en Ontario, a expliqué que le Canada avait ciblé moins de biens de consommation américains dans cette série de contre-droits de douane que l’année dernière.
Le gouvernement fédéral a choisi certains produits américains pour les contre-droits de douane parce que, dans la plupart des cas, il existe des alternatives canadiennes et internationales, selon lui.
«Je dirais que si vous avez un produit préféré qui est visé, ce serait une bonne idée d’essayer de vous le procurer avant l’entrée en vigueur des droits de douane», a dit M. Mang lors d’une entrevue vidéo accordée lundi à CTVNews.ca.
M. Mang ne s’attend pas à une pénurie de certains articles ménagers courants, mais les consommateurs ayant des marques préférées, notamment en matière de cosmétiques, de vêtements et de sacs à main, pourraient vouloir faire des réserves.
«Dans ces cas-là, on pourrait donc envisager de faire des réserves avant l’entrée en vigueur des droits de douane», a-t-il prévenu. «Mais pour les produits de consommation courante comme le papier hygiénique, pour lesquels il existe de nombreux substituts sur le marché, il n’y a pas vraiment de raison de se précipiter pour faire des réserves, car d’autres produits non assujettis aux droits de douane seront disponibles.»
Malgré les inquiétudes liées à la guerre commerciale, M. Mang a indiqué que les droits de douane de rétorsion de 25 %, imposés par le Canada en réponse à la première vague de droits de douane américains l’année dernière, n’avaient pas eu d’impact considérable sur le portefeuille des Canadiens. Il a cité une étude de la Banque du Canada publiée en mai, qui montre que la hausse moyenne des prix des articles assujettis à des droits de douane n’était que d’environ 6 % par rapport aux produits non assujettis, et qu’elle n’a contribué qu’à hauteur de 0,3 point de pourcentage à l’inflation des prix à la consommation.
«La majeure partie du coût a été absorbée par les détaillants, ce qui fait que cela n’a pas vraiment eu beaucoup d’impact sur les familles canadiennes…», a souligné M. Mang.
Il a expliqué que les détaillants avaient du mal à augmenter leurs prix alors que ceux de leurs concurrents pour des produits provenant de pays non américains restaient inchangés.
Selon M. Lee, certains Canadiens pourraient choisir d’éviter d’acheter des produits américains et de trouver un fournisseur alternatif dans un autre pays, ou de reporter leurs achats pour manifester leur mécontentement envers le président américain Donald Trump. Mais il a ajouté que le «mouvement Achetez canadien» n’avait pas connu le succès escompté, puisqu’il n’avait pas empêché l’administration Trump d’imposer à nouveau des droits de douane.
«Beaucoup de gens ne sont pas d’accord [avec le boycott], alors ils continuent d’acheter ces produits», a ajouté M. Lee, qui étudie les politiques économiques fédérales, notamment en matière de fiscalité et de commerce. «Ainsi, cela peut donner bonne conscience à certaines personnes, mais cela change rarement le comportement de l’entreprise ou du gouvernement que l’on boycotte.»
Avec la collaboration de Spencer Van Dyk, Stephanie Ha et Daniel Otis pour CTV News

