Les tensions commerciales n’ont pas découragé les entreprises étrangères d’investir dans la grande région de Montréal l’an dernier.
Montréal International a accompagné 54 projets d’investissement d’une valeur de 2,6 milliards $ en 2025, selon ses résultats annuels dévoilés lundi.
Cette performance est relativement stable par rapport aux 59 projets d’une valeur totale de 2,7 milliards $ recensés en 2024.
La région métropolitaine a ainsi continué d’attirer de nouveaux investissements, malgré les menaces économiques du président américain, Donald Trump, formulées en début d’année.
«J’aurais envie de vous dire que c’était presque des résultats sur dix mois», raconte le président-directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet, en conférence de presse.
«Rappelez-vous, l’hiver dernier, ça a été compliqué, enchaîne-t-il. La planète économique a littéralement gelé pendant deux mois, après la première série de tarifs annoncés par le président Trump à Washington.»
Il faut cependant plus de temps avant qu’un projet aboutisse, admet M. Paquet. En moyenne, les projets réalisés en 2025 ont nécessité «une incubation» de 638 jours, soit près de 21 mois.
«Juste pour vous donner une idée, en 2020, il était de moins d’un an», illustre le dirigeant.
L’incertitude économique joue un rôle dans ces délais, mais ce n’est pas l’unique raison, répond M. Paquet. Montréal International a accompagné plus de projets qui nécessitaient des investissements immobiliers.
«C’est plus long de prendre une décision d’investissement si c’est pour construire ou agrandir une usine que de louer un espace de bureau où je vais brancher des ordinateurs», résume-t-il.
Les trois quarts des projets ont été réalisés par des filiales étrangères déjà présentes dans la région. Cet engagement démontrerait que Montréal continue d’être attrayante pour les entreprises qui y sont installées, selon M. Paquet.
Les démarches de Montréal International ont permis la création ou le maintien de 3720 emplois, avec un salaire moyen de 114 000 $, selon l’organisme sans but lucratif.
Le secteur de l’aérospatiale s’est démarqué en 2025 avec 600 millions $ en investissements. Les secteurs des énergies renouvelables, de la décarbonation, de l’intelligence artificielle, des technologies de l’information et des jeux vidéo ont également attiré les entreprises étrangères.
L’incertitude économique reste en toile de fond en 2026, avec la flambée des prix du pétrole et la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), reconnaît M. Paquet.
«Il y a des éléments positifs dans ce grand tableau-là, nuance-t-il. Je pense notamment au rapprochement entre le Canada et la Chine.»
L’augmentation des dépenses du Canada en défense va aussi occuper l’équipe de Montréal International qui souhaite qu’elle se traduise par des retombées dans la région.
M. Paquet souligne que c’est une occasion pour le secteur de l’aérospatiale, mais aussi pour d’autres secteurs, comme la cybersécurité ou l’intelligence artificielle, notamment.

