Économie

Glencore ne perd pas de vue son ambition de créer un «méga groupe minier»

«Qui sait ce que l’avenir réserve.»

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Le siège social de Glencore à Baar, en Suisse, est photographié le 14 avril 2011. Le siège social de Glencore à Baar, en Suisse, est photographié le 14 avril 2011. (Keystone via AP Urs Flueeler)

Glencore reste ouvert à un rapprochement avec un autre groupe après l’échec des discussions avec Rio Tinto, même s’il a profité de ses résultats annuels pour réaffirmer dans l’immédiat ses perspectives solides en tant que société indépendante.

«Si une autre opportunité se présente à nous pour créer un grand, méga groupe minier majeur, aux bonnes conditions pour nos actionnaires, nous l’examinerons», a affirmé mercredi le directeur général de Glencore Gary Nagle, lors d’une conférence d’analystes après avoir annoncé avoir renoué avec les bénéfices en 2025.

En janvier, le groupe basé à Baar dans le canton de Zoug, avait dévoilé être en discussions avec son concurrent anglo-australien Rio Tinto en vue d’une fusion de tout ou parties de leurs activités qui aurait fait émerger un colosse valorisé à 260 milliards de dollars. Mais les deux groupes ont mis un terme à leurs discussions début février.

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«Ce n’est pas une transaction que nous devions faire, mais que nous aurions aimé faire», a déclaré M. Nagle. «Nous n’avons juste pas pu parvenir à un accord sur la valorisation», a-t-il ajouté.

«Même sans cela, Glencore est une entreprise incroyable», avec des perspectives «solides», a-t-il répété, en mettant en avant les projets pour le cuivre. En décembre, Glencore avait dit vouloir doubler sa production d’ici 2035, à 1,6 million de tonnes par an au vu de la forte demande pour la transition énergétique, la défense et les centres de données avec l’essor de l’intelligence articifielle.

«Et qui sait ce que l’avenir réserve», a glissé M. Nagle.

Baisse du charbon

Pour 2025, Glencore a enregistré un bénéfice net de 363 millions de dollars (306 millions d’euros), contre une perte de 1,6 milliard de dollars en 2024, malgré des dépréciations d’actifs liées notamment à sa mine de charbon de Cerrejón en Colombie.

L’année 2025 a été marquée par un bond des cours de l’or et de l’argent mais aussi du cuivre qui s’est envolé de 41,7% avant de toucher un plus haut historique fin janvier 2026, à 14 527,50 dollars la tonne.

Mais le pétrole et le charbon, une autre ressource importante pour Glencore, ont chuté, pesant sur le résultat brut d’exploitation de ses activités minières, en baisse de 6% sur un an à 9,9 milliards de dollars et sur ses activités de courtage, avec une baisse de 8% de son résultat d’exploitation, à 2,9 milliards de dollars.

Mercredi matin, l’action, cotée à Londres, s’adjugeait 3,64% à 503,70 pence.

Pour doubler sa production, Glencore prévoit plus de 23 milliards de dollars d’investissements.

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Deux jours avant l’échec des négociations avec Rio Tinto, Glencore avait annoncé être en discussions avec Orion CMC, un consortium créé en octobre 2025 avec l’appui du gouvernement américain pour sécuriser l’approvisionnement des États-Unis en matériaux critiques, en vue d’une potentielle prise de participation dans ses mines en République démocratique du Congo et d’éventuels projets dans dans la ceinture africaine du cuivre.

Selon Derren Nathan, directeur de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown, la capacité de Glencore de continuer à croître de manière indépendante «n’est pas remise en question», mais le mouvement de consolidation à l’œuvre dans le secteur minier «ne va pas disparaître», a-t-il relevé. «Reste à savoir si quelqu’un aura la puissance de feu ou les tripes pour une aussi grosse opération», a-t-il nuancé.

En novembre, le géant australien BHP a renoncé à son projet d’acquisition du britannique Anglo American. Mais Anglo American est lui en passe d’obtenir le feu vert de l’Union européenne pour fusionner avec le groupe canadien Teck Resources.

Le charbon est cependant souvent considéré comme un obstacle à un rapprochement de Glencore à un autre groupe, de nombreux investisseurs ne voulant plus être exposés à cette matière première dans leurs portefeuilles de placements.