Ferrari va mettre à l’eau avant la fin de l’année 2026 un voilier volant en carbone, conçu notamment pour battre des records autour du monde, a annoncé le constructeur automobile mardi.
Ce voilier, appelé Hypersail, est un immense monocoque jaune et noir, long de 30 mètres, qui doit profiter de «l’expérience acquise en course automobile», a affirmé Flavio Manzoni, directeur du design de la marque de Maranello (nord de l’Italie).
Avec sa coque en carbone, il va se percher sur de grands ailerons pour atteindre 40 à 50 nœuds (92 km/h) avec une dizaine de marins à bord, comme les voiliers de la coupe de l’America.
Mais contrairement aux bateaux participant à la plus vieille compétition sportive du monde, l’Hypersail a été pensé pour les traversées au long cours, ont indiqué ses concepteurs lors d’une conférence de presse dans la boutique milanaise de Ferrari, dans le cadre de la semaine du design.
«C’est un bateau qui est fait pour tenir des moyennes à 50 nœuds (…), qui est fait pour aller dans les mers du Sud aussi», a commenté Guillaume Verdier, architecte naval très demandé qui a été recruté pour ce défi par John Elkann, le président de Ferrari.
L’architecte voit parmi les avancées principales du projet l’idée de «ne pas faire un gréement trop grand, pour pouvoir faire le tour du monde», et «d’en faire un bateau sûr, qu’il puisse se redresser comme les Imoca», les monocoques de 18 mètres du Vendée Globe.
La coque du bateau vient d’être terminée à Pise (nord). Le pont va être presque entièrement couvert de panneaux solaires (pour un total de 100 mètres carrés) en mesure de faire bouger les ailerons asymétriques, et recouverts eux-mêmes d’une couche de matériau antidérapant, pour permettre aux marins de s’y déplacer.
L’énergie produite (20 kilowatts) alimentera aussi un système électronique complexe, inspiré des voitures Ferrari, et capable potentiellement de piloter automatiquement le voilier, a expliqué Enrico Voltolini, l’ingénieur qui a remplacé récemment la vedette italienne de la voile Giovanni Soldini à la tête du projet.
«Les Français ont toujours été pionniers dans le tour du monde, sur les océans», a lancé M. Voltolini. «Nous, les Italiens, Méditerranéens, sommes restés plus près des côtes. Mais avec l’aide d’un Français qui a dessiné le bateau, nous avons l’intention de les battre».
