Économie

F-35: Lockheed Martin et L3 Harris font miroiter d’importants contrats à Mirabel

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Lockheed Martin confirme qu’elle envisage de faire de l’usine de L3 Harris à Mirabel une plaque tournante pour l’entretien des F-35 de plusieurs pays. Le directeur général de L3 Harris à Mirabel, Ugo Paniconi, en conférence de presse le mardi 21 avri... Le directeur général de L3 Harris à Mirabel, Ugo Paniconi, en conférence de presse le mardi 21 avril 2026. (Christopher Katsarov/La Presse canadienne)

MIRABEL — Alors que Lockheed Martin pourrait voir un lucratif contrat fédéral être victime des tensions commerciales, l’entreprise américaine confirme qu’elle envisage de faire de l’usine de L3 Harris à Mirabel une plaque tournante pour l’entretien des F-35 de plusieurs pays.

La signature officielle d’un partenariat, devant les médias à Mirabel jeudi, a visiblement pour objectif de mettre l'emphase sur les retombées économiques potentielles du programme d’avions de chasse F-35 au Canada.

Les deux entreprises n’ont toutefois pas voulu s’avancer à savoir si le projet est conditionnel à ce qu’Ottawa choisisse uniquement le programme F-35 plutôt qu’une flotte mixte avec des appareils Gripen du concurrent suédois Saab.

Ottawa a commandé 88 avions de chasse F-35 en 2023 afin de remplacer les CF-18. Dans la foulée des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, le gouvernement Carney fait planer le doute sur ce qu'il adviendrait de la commande au-delà de la commande ferme de 16 avions F-35.

Le directeur général de L3 Harris à Mirabel, Ugo Paniconi, affirme qu’il n’y a pas un minimum requis de F-35 commandés pour que le projet aille de l’avant, lors d’une mêlée de presse en marge de l’événement.

«On n'a pas fait une analyse: "c'est le minimum", répond M. Ugo Paniconi. C’est sûr que nous, on souhaite que le Canada aille de l’avant avec l'achat des F-35.»

Le directeur général du programme F-35 chez Lockheed Martin, Chauncey McIntosh, affiche la même prudence. «Dans ce cas précis, c’est davantage à propos des avions (que le Canada) achète maintenant et nous assurer que nous avons un entretien complet pour que ces appareils puissent faire ce dont les Forces canadiennes ont besoin à n’importe quel moment dans le futur.»

Les retombées pourraient être plus importantes si le gouvernement exerce les options du contrat, évoque M. McIntosh. «Toutes décisions que nous prendrions pour des emplois supplémentaires vont toujours dépendre de la taille du programme.»

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a déjà indiqué qu’elle estimait que les retombées économiques du programme F-35 n’étaient pas suffisantes.

«Les bénéfices industriels ne sont pas assez grands. Il faut en faire beaucoup plus, on s’attend à beaucoup plus», a-t-elle déclaré en mêlée de presse en novembre dernier.

M. McIntosh évoque des retombées économiques de 15,5 milliards $ avec le F-35. «Nous avons 2000 emplois. Nos projections pointent vers 2000 autres emplois et ça ne tient pas compte des emplois dont on parle aujourd’hui (l’entretien).»

L’entretien des F-35 représente une importante part des coûts liés à l’avion, ce qui laisse entrevoir des retombées intéressantes pour l’usine de Mirabel, si elle s’occupe également de la maintenance des appareils d’autres pays alliés, fait valoir M. Paniconi.

Pour devenir un incontournable de l’entretien du F-35, d’importants investissements seront nécessaires à l’usine de Mirabel. «C’est un chiffre d’à peu près 200 millions $», répond M. Paniconi. L3 Harris espère éventuellement obtenir un soutien du gouvernement fédéral.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

Stéphane Rolland

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Journaliste