L’épicier Metro change de stratégie pour la livraison des commandes en ligne et fermera son magasin fantôme à Montréal. La décision affecte plus de 150 employés, dont plusieurs seront toutefois reclassés ailleurs au sein de l’entreprise.
Le magasin fantôme permettait de remplir les commandes en ligne des clients. La société veut faire la transition vers un modèle de traitement des commandes en magasin, avec une livraison assurée par des tiers.
Avec ce modèle, Metro veut offrir un service de livraison plus rapide, avait expliqué le chef de l’exploitation, Marc Giroux, au cours d’une présentation aux investisseurs en août.
«Les attentes des consommateurs évoluent et ils s’attendent davantage à une livraison le jour même, expliquait celui qui deviendra le grand patron de Metro à la fin septembre. En traitant les commandes en magasin, nous nous rapprochons du client, ce qui nous permettra de faire plus de livraison le jour même.»
Le nombre d’emplois touchés n’avait pas été précisé à ce moment.
Dans un courriel, l’employeur indique qu’il accompagne ses employés en leur donnant accès «accès aux nombreuses possibilités d’emploi» dans l’entreprise. Il affirme participer «activement» au comité d’aide au reclassement.
Bien que «déçu», le Syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) souligne que la collaboration avec l’employeur est bonne.
Les employés auront notamment la possibilité d’être redirigés vers quatre magasins responsables de remplir les commandes en ligne. Ces établissements sont toutefois répartis sur l’île de Montréal et Laval. D’autres occasions de reclassement sont également offertes.
Le dossier n’a aucun lien avec la grève des employés du centre de distribution de fruits et légumes à Laval, affilié à la CSN. Le conflit de travail qui s’étire a coûté 66 millions $ après impôt en trois mois à Metro.
La fermeture du magasin fantôme de Montréal fait partie d’une restructuration plus large.
En août, l’entreprise avait également annoncé une réorganisation en Ontario, qui a entraîné la fermeture d’un magasin et d’un entrepôt ainsi que la conversion de dix magasins Metro en enseigne à rabais Food Basics.
Les changements en Ontario et à Montréal ont entraîné des frais de restructuration de 25,7 millions $. L’entreprise s’attend à ce que ces mesures ajoutent 15 millions $ annuellement au bénéfice net.
L’analyste John Zamparo, de Banque Scotia, juge que la décision de fermer le magasin fantôme était une bonne décision d’affaires.
«Limiter les dépenses d’investissements a toujours fait partie de la stratégie de Metro en ligne, écrivait-il dans une note en août. Maintenant que les investisseurs favorisent la livraison par des tiers parti, ça semble encore plus approprié.»
Entreprise dans cette dépêche: (TSX:MRU)

