Pour les tout-petits, les adolescents et tous les autres, Cowtown Kids Toys & Candy ressemble à un véritable paradis.
Situé à Maple Creek, en Saskatchewan, ce magasin qui s’étend sur quatre bâtiments regorge de plus de 30 000 jouets, allant des livres et casse-tête classiques aux peluches, camions et autres curiosités à la mode.
Le propriétaire, Bob Siemens, affirme que cette vaste gamme de produits prouve que son entreprise, comme beaucoup d’autres magasins indépendants, est prête à combler le vide créé par les fermetures de Toys“R”Us Canada.
«Même si l’industrie du jouet semble souffrir, les indépendants qui sont là depuis longtemps et qui ont résisté à l’épreuve du temps restent dynamiques. Ils seront impatients de rencontrer les personnes qui recherchent encore des magasins de jouets», rapporte M. Siemens quelques heures avant que Toys“R”Us Canada n’annonce mardi avoir déposé une demande de protection contre ses créanciers.
Cette demande est une nouvelle étape des difficultés rencontrées par la chaîne de magasins de jouets, présente au Canada depuis 1984. Elle a fermé 53 de ses magasins au cours des deux dernières années et doit des millions à ses fournisseurs et propriétaires, qui poursuivent en justice le détaillant appartenant à Putman Investments, établi à Ancaster, en Ontario.
Si l’entreprise espère qu’une restructuration lui permettra de survivre, elle a averti que certains de ses 22 magasins restants pourraient fermer dans le cadre de ce processus.
De nouvelles fermetures mettraient en péril 654 emplois, mais priveraient également certaines communautés du célèbre magasin de jouets à grande surface avec lequel beaucoup ont grandi.
M. Siemens ne se réjouit pas de la situation, mais admet qu’elle présente des avantages.
«Ce n’est pas comme si je lisais avec joie les nouvelles annonçant le déclin d’un concurrent (…) mais c’est une excellente occasion pour les gens de sortir et de soutenir leur magasin de jouets indépendant», analyse-t-il.
Une chaîne difficile à concurrencer
Ti-Anna Wang est d’accord. Elle considère les récentes fermetures de Toys“R”Us Canada comme une chance pour son magasin Silly Goose Kids de Toronto d’attirer de nouveaux clients, en particulier pendant les mois d’hiver, lorsque les ventes de jouets ralentissent, car les gens recommencent à économiser après les fêtes.
«J’espère que cela donnera un petit coup de pouce aux petits détaillants», témoigne-t-elle mercredi.
Toute augmentation serait la bienvenue, car les petits magasins familiaux sont en concurrence avec Toys“R”Us Canada depuis des décennies, mais ont souvent trouvé la chaîne trop difficile à concurrencer en raison de son nombre élevé de magasins, qui lui permettaient de réaliser des ventes plus importantes et d’obtenir ainsi de meilleurs prix auprès des fournisseurs.
Par exemple, Toys“R”Us Canada a rendu les prix des produits du géant des jeux de société Hasbro ou du fabricant de Barbie Mattel «incroyablement compétitifs», explique M. Siemens. Il s’est tourné vers les jeux de ferme, les kits de bricolage et les maquettes pour essayer de «se démarquer».
Silly Goose Kids a également misé sur les arts et l’artisanat ainsi que sur les jouets éducatifs, tels que les kits scientifiques et les produits de petites marques canadiennes afin de se démarquer de Toys“R”Us Canada.
Les clients ont appris à apprécier le patriotisme et la sélection rigoureuse des produits, soutient Mme Wang.
«Toys“R”Us est un magasin tellement grand que je le trouvais parfois écrasant, car il y a tellement de choix et de choses à regarder», souligne-t-elle.
«Souvent, lorsque vous achetez des cadeaux, il est en fait agréable d’avoir un choix plus restreint.»

