Le taux d’intérêt de la dette publique des États-Unis a brièvement dépassé lundi le seuil des 5 %, propulsé par les craintes inflationnistes avant une décision de la banque centrale américaine (Fed) concernant ses taux.
Lundi avant midi, le rendement des emprunts de l’État américain à échéance dix ans, la plus suivie, évoluait à 4,99% après avoir touché 5,01% un peu plus tôt en séance, un niveau plus observé depuis octobre 2023.
L’échéance à long terme (30 ans) évoluait pour sa part non loin de seuils plus vus depuis 2007.
La flambée des cours de l’énergie avec le conflit au Moyen-Orient fait craindre des hausses de prix généralisées.
Lundi, le baril de pétrole Brent — référence internationale — évolue autour de 109 dollars, poussé par la fermeture temporaire d’un oléoduc essentiel en Arabie saoudite après des frappes et le report d’une réunion des pays du Golfe et de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.
Dans ce contexte, les investisseurs sur le marché obligataire demandent un rendement plus élevé pour ces morceaux de dette souveraine afin de compenser les hausses de prix, qui érodent dans la durée la valeur de leur capital prêté.
À cette hausse des prix du brut s’ajoute «le manque de confiance dans la capacité de la Fed à agir lors de sa réunion cette semaine», estime auprès de l’AFP Sam Stovall, analyste chez CFRA.
Les marchés continuent de miser majoritairement sur une hausse des taux — la première depuis juillet 2023 — pour contenir l’inflation, selon l’outil de suivi CME FedWatch.
Mais certains analystes doutent de la probabilité d’un tel resserrement, alors que le président américain, Donald Trump, multiplie les pressions pour obtenir une baisse des taux, enjoignant régulièrement la Fed d’assouplir sa politique monétaire.
Les marchés restent aussi préoccupés par le niveau d’endettement de l’État fédéral, qui dépasse 40 000 milliards de dollars.
