Économie

De nombreux pays dénoncent les nouveaux tarifs américains

«Injustifiés»

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Nouveaux tarifs américains: Carney et Trump veulent intensifier les négociations Les nouveaux tarifs douaniers annoncés par le président américain lundi ont de quoi ébranler. De nombreux produits canadiens seront frappés d'une surtaxe de 50 % dans 29 jours. Une annonce qui a été au coeur des discussions lors de rencontres entre les premiers ministres canadiens mardi.

De nombreux partenaires économiques des États-Unis, dont la Chine, l’Australie et le Japon, ont dénoncé vigoureusement vendredi la plus récente salve de droits de douane annoncée par le président américain, Donald Trump.

Jeudi soir, l’administration Trump a annoncé des droits de douane supplémentaires compris entre 10% et 12,5% à l’encontre de 60 pays, invoquant le recours au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement.

Ces nouveaux droits de douane sont entrés en vigueur dès l’expiration, vendredi à 0 h 01, des mesures provisoires imposées par M. Trump après une cuisante défaite devant la Cour suprême.

L’Australie a notamment vu les droits de douane sur ses exportations vers les États-Unis passer de 10 % à 12,5 %. Son ministre du Commerce, Don Farrell, a rejeté les allégations associant l’Australie, grand exportateur de bœuf, d’or et de cuivre, à l’esclavage moderne.

«Nous pensons que, parmi tous les pays du monde, l’Australie prend très au sérieux la question de l’esclavage, notamment l’esclavage moderne, et qu’elle continuera à le faire», a soutenu M. Farrell en mêlée de presse.

L’Australie estime que ces droits de douane sont «totalement injustifiés».

«Nous continuerons à faire pression sur le représentant américain au Commerce pour qu’il supprime tous les droits de douane sur les produits australiens», a ajouté M. Farrell.

En Nouvelle-Zélande, le premier ministre Christopher Luxon a soutenu que les droits de douane imposés à son pays, également de 12,5 %, sont «extrêmement décevants», injustifiés et préjudiciables au commerce.

«Les droits de douane ne sont pas la solution: ils font grimper les coûts et renforcent l’incertitude pour les entreprises», a-t-il écrit sur X.

Justification remise en question

L’enquête américaine qui a servi de base à ces droits de douane n’a pas fourni de preuves significatives à l’appui des allégations de travail forcé.

La responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas, a remis en question la position américaine dans des commentaires accordés à Channel News Asia.

«Si l’on compare notre législation du travail à celle des États-Unis, chez nous, les salariés bénéficient de congés payés, nous offrons de très bonnes conditions de travail à nos employés; cette mesure n’est donc pas vraiment fondée», a-t-elle affirmé.

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Le Canada fait partie des pays soumis à des droits de douane de 10 %, mais la plupart de ses exportations sont protégées par l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Dans un communiqué, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a assuré que le Canada partage l’objectif des États-Unis de s’assurer que les marchandises produites par le recours au travail forcé n’entrent pas dans ses chaînes d’approvisionnement.

«C’est pourquoi le Canada dispose de l’un des régimes les plus robustes au monde pour prévenir et combattre le travail forcé, appuyé par des mesures législatives et des mécanismes d’application solides», a-t-il fait valoir.

Relations assombries

Le Japon a aussi protesté contre les droits de douane de 12,5 % imposés à ses exportations. Un accord conclu par Tokyo et Washington fixait auparavant ce taux à 10 %.

«Il est regrettable que cette mesure impose des droits de douane au motif de l’absence de mesures interdisant les importations de biens fabriqués par le travail forcé, alors même que l’industrie et le commerce japonais respectent les règles internationales», a mentionné le secrétaire général du Cabinet, Minoru Kihara.

Pour sa part, le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré qu’il «s’oppose à toutes les formes de droits de douane unilatéraux». La Chine fait partie des pays soumis à des droits de douane de 12,5 %.

«Les guerres tarifaires et commerciales ne servent les intérêts d’aucune des parties», a plaidé le porte-parole du ministère, Lin Jian, lors d’une conférence de presse.

Les tensions commerciales ont assombri les relations entre la Chine et les États-Unis. Les droits de douane imposés par M. Trump à l’occasion du Jour de la Libération ont entraîné une forte baisse des exportations chinoises vers les États-Unis.

Certains exportateurs chinois affirment toutefois que les répercussions sont pour l’instant limitées, car les nouveaux droits de douane restent inférieurs à ceux de l’année dernière, qui s’élevaient initialement à 34 %.

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Moins perturbateurs

Le Bureau du représentant américain au Commerce a passé quatre mois à examiner le bien-fondé de ces droits de douane afin de satisfaire aux exigences légales prévues par la section 301 de la Loi sur le commerce de 1974.

«L’avenir nous dira si cette troisième tentative d’imposition de droits de douane sera la bonne et si cette mesure résistera aux contestations judiciaires», a souligné Wendy Cutler, ancienne haute responsable américaine du commerce et vice-présidente senior de l’Asia Society Policy Institute.

Ces droits de douane ont moins de chances d’être annulés par les tribunaux américains que les précédents, a-t-elle ajouté.

Selon les experts, ces droits de douane pourraient être moins perturbateurs que d’autres.

«Du côté positif, ces droits de douane sont inférieurs aux précédents droits “réciproques” et semblent exempter une part substantielle des flux commerciaux actuels entre l’Asie et les États-Unis», a noté William Bratton, de BNP Paribas, dans une note de recherche.

L’administration Trump a prévu de nombreuses exemptions, notamment pour les biens que les États-Unis ne produisent pas, a noté Mme Cutler.

«Cela devrait atténuer l’impact de ces droits de douane. Néanmoins, ceux-ci contribueront à une hausse des prix tant pour les consommateurs que pour les entreprises», a-t-elle prévenu.