Économie

De l'immobilier «vert» peut se traduire par des gains financiers, selon une étude

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Un chantier de construction de logements à Montréal, le vendredi 9 juin 2023. Un chantier de construction de logements à Montréal, le vendredi 9 juin 2023. (Christinne Muschi)

MONTRÉAL — Un organisme qui œuvre pour l’accélération de la décarbonation au Québec publie jeudi un livre blanc visant à démonter qu’un parc immobilier qui prend en compte la durabilité et la résilience climatique est aussi synonyme de pérennité financière.

L’objectif de l’étude, initiée par Décarbone+, en collaboration avec Hydro-Québec, La Caisse et le Pôle IDEOS de HEC Montréal, est de fournir au milieu immobilier québécois et canadien des outils pour protéger leur capital. Le secteur pourrait être confronté à une «obsolescence technologique et réglementaire irréversible», s’il n’embarque pas dans la transition énergétique.

Décarbone+ indique que ces évolutions ne seront pas instantanées, mais qu’il s’agit d’effectuer un changement de paradigme dans chaque maillon de la chaîne.

L’efficacité énergétique est particulièrement mise de l’avant par les modélisations financières partagées dans le livre blanc, qui explique qu’une économie d’énergie de 1 $ par pied carré dans un immeuble de bureaux peut se traduire par une hausse de 4,5 % de la valeur marchande. De plus, une attractivité «verte» se traduit par une baisse du taux de vacance.

Au contraire, un immeuble de bureaux obsolète d’un point de vue énergétique et réglementaire voit sa valeur amputée de 10,9 %.

Dans le multirésidentiel, il est question d’un impact positif sur la valeur marchande de 6,3 % lorsqu’une optimisation énergétique de 400 $ par porte et par an est effectuée.

«Le secteur financier a un rôle de catalyseur dans la transition écologique. L’intégration de données probantes sur la durabilité dans nos modèles d’évaluation nous permet d’offrir des solutions de financement plus agiles et avantageuses pour les propriétaires proactifs», indique René Demers, premier vice-président, financement immobilier à la Banque Nationale, dans un communiqué.

Solutions proposées

Les organisations derrière le livre blanc font donc appel à une standardisation des pratiques «pour sortir de l’impasse actuelle, où les bénéfices de la durabilité sont souvent mal captés par les mécanismes d’évaluation traditionnels».

«Avec ce livre blanc, nous souhaitons mettre en mouvement les décideurs et les outiller pour justifier économiquement la réduction du risque de cette transition. C’est le signal dont l’industrie a besoin pour accélérer le mouvement», explique Philippe Hudon, président de Décarbone+ et d’Akonovia.

Il ajoute qu'un bâtiment durable est un «actif plus résilient» et, finalement, «plus précieux pour l’économie québécoise».

Le rapport précise que, dans un contexte de transition énergétique et de changements climatiques, «les acteurs précurseurs seront en mesure de préserver une valeur plus stable de leur parc immobilier, tandis que d’autres subiront les turbulences d’une transition marquée par l’émergence d’actifs échoués».

Des exemples de pratiques mises en place dans d’autres pays sont notamment cités. Une approche peut être d’établir «des seuils minimaux clairs, juridiquement contraignants, liés à l’usage des bâtiments». Au Royaume-Uni et en France, il est interdit de louer des logements à faible performance énergétique.

La transparence et la standardisation des données peuvent également jouer un rôle. Par exemple, New York oblige la divulgation de la consommation d’énergie et d’eau, tandis que l’Australie tient un registre des évaluations énergétiques des bâtiments commerciaux.

La Presse Canadienne