Économie

Créativité numérique: ECLO offre un pont entre artistes, entrepreneurs et chercheurs

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Des gens participent à l’exposition immersive Kontinuum de Moment Factory, un partenaire d’ECLO, à Ottawa le 5 août 2017. LA PRESSE CANADIENNE Des gens participent à l’exposition immersive Kontinuum de Moment Factory, un partenaire d’ECLO, à Ottawa le 5 août 2017. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

La commercialisation des innovations québécoises est également un défi pour le milieu de la culture. Un nouveau joueur espère faire le pont entre les chercheurs, les artistes et le milieu des affaires dans le domaine des œuvres immersives.

Né d’une collaboration entre Zú et la Société des arts technologiques (SAT), l’Écosystème d’innovation et de commercialisation en créativité numérique (ECLO) a procédé à son lancement officiel vendredi à Montréal.

Le secteur de la création numérique fait notamment référence aux expériences immersives sonores et visuelles, explique la directrice générale de la SAT, Jenny Thibault, en entrevue en marge de l’événement.

Dans ce secteur, les artistes, les chercheurs et les entrepreneurs œuvrent souvent en silo, selon elle. Trop de projets ne sont pas exploités à leur plein potentiel, déplore-t-elle. 

«Souvent, les projets aboutissent, mais dorment sur des tablettes, malheureusement, parce qu’on n’a pas la capacité de commercialiser», constate-t-elle.

Mme Thibault estime que le Québec est «très fort» en créativité numérique. «On est capable de créer avec la technologie, mais parfois, ces projets-là ne sont utilisés que quelques fois pour appuyer des propositions artistiques, mais on ne les développe pas, on ne les commercialise pas.»

Le pôle d’innovation compte, notamment, le Cirque du Soleil, Moment Factory, la Banque Nationale, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et l’Université Concordia parmi ses partenaires.

Le gouvernement du Québec accorde un soutien de 2,7 millions $ à l’initiative. La Ville de Montréal, pour sa part, met 600 000 $.

«Si on veut être capable de continuer de générer des nouvelles idées et de les mettre en marché, ici comme ailleurs, il faut poser des gestes», déclare le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, au cours de l’annonce.

L’intelligence artificielle (IA) pourra faire partie des technologies avec lesquelles les partenaires d’ECLO pourront expérimenter. Il reviendra aux participants de décider quel usage ils en feront, précise le président-directeur général de Zù, Dimitri Gourdin, en entrevue.

L’IA soulève de nombreuses questions dans le milieu artistique. La technologie ouvre de nouveaux potentiels créatifs, mais soulève également des questions sur le droit d’auteur, les emplois dans l’industrie et le rôle de l’humain dans l’art.

M. Gourdin invite à ne pas «avoir peur» de l’IA qui va apporter plus de «belles possibilités pour libérer la créativité, que le contraire».

L’IA puise dans les données passées pour produire ce que lui demande son utilisateur, mais ce processus n’est pas si différent de ce que fait l’artiste, juge M. Gourdin.

Il fait référence aux commentaires du pionner de la musique électronique Jean-Michel Jarre, qui s’est porté à la défense de l’IA. 

«On est tous des voleurs (les artistes), a déclaré M. Jarre au micro de RTL en France. On moissonne ce qu’on entend, ce qu’on regarde, ce qu’on lit, et ce qui compte, c’est la spécificité de ce qu’on en fait.»

«Ça fait partie du processus créatif, abonde M. Gourdin. Donc, je pense qu’il faut rester encore une fois beaucoup plus nuancé sur l’intelligence artificielle.»

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste