Économie

Couche-Tard engrange de fortes marges sur l'essence avec la hausse des prix

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Les marges d’Alimentation Couche-Tard sur l’essence ont touché un sommet, tandis que le conflit en Iran a fait bondir les prix à la pompe. Un logo de Couche-Tard est photographié à Montréal le jeudi 5 septembre 2024. LAPRESSECANADIENNE/Christinne Mus... Les marges d’Alimentation Couche-Tard sur l’essence ont touché un sommet, tandis que le conflit en Iran a fait bondir les prix à la pompe. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Les marges d’Alimentation Couche-Tard sur l’essence ont touché un sommet, tandis que le conflit en Iran a fait bondir les prix à la pompe.

L’exploitant de dépanneurs et de stations-service a réussi à se ravitailler à meilleur prix grâce à «une série d’investissements» dans sa chaîne d’approvisionnement «durant plus d’une décennie», a expliqué son patron, Alex Miller, lors d’une conférence avec les analystes mardi.

«Ça nous donne des options, le choix de nos sources d’approvisionnement, quand le marché devient volatil ou serré», a affirmé le dirigeant.

Le détaillant lavallois a pu utiliser cet avantage pour engranger des marges plus élevées que ses concurrents.

Ses marges brutes sur le carburant au Canada ont atteint 17,28 cents le litre au quatrième trimestre clos le 26 avril, un bond de 23 % par rapport à l’an dernier. Aux États-Unis, elles ont augmenté à 52,44 cents US le gallon, une hausse de 21,2 %. En Europe, elles atteignent 13,44 cents US le litre, une augmentation de 40,4 %.

L’écart entre Couche-Tard et ses concurrents s’est élargi aux États-Unis, constate l’analyste Martin Landry, de Stifel. Au cours du quatrième trimestre, les marges des stations-service étaient de 35 cents US le gallon aux États-Unis, selon les données de l’Oil Price Information Service (OPIS).

L’entreprise québécoise a ainsi creusé son avantage de 46 %, comparativement à une moyenne historique de 15 % à 18 %.

«Les marges meilleures que prévu soutiennent les commentaires passés de la direction selon lesquels ses activités dans le carburant font mieux en période de volatilité de prix», estime M. Landry.

L’avantage de l’entreprise dans le segment du carburant serait plus durable que les investisseurs veulent le croire, juge l’analyste John Zamparo, de Banque Scotia. «Nous pensons que les résultats démontrent la faisabilité de l’objectif d’augmenter le bénéfice par action de 10 % à 12 % annuellement», réagit M. Zamparo.

Couche-Tard s’est également démarqué pour ses ventes en dépanneur aux États-Unis, note Michael Van Aelst, de Valeurs mobilières TD.

Les ventes des magasins comparables ont augmenté de 3,4 %, ce qui est supérieur à la baisse de 0,8 % observé dans l’industrie, souligne-t-il. «Contrairement aux craintes des investisseurs, les prix élevés du carburant n’ont pas empêché les ventes comparables (des dépanneurs) de poursuivre sur leur lancée.»

Des résultats supérieurs aux attentes

Les marges sur le carburant ont permis à Couche-Tard de surpasser largement les attentes des analystes au quatrième trimestre.

La société a presque doublé son bénéfice net, qui passe de 439,4 millions $ US l’an dernier à 863,4 millions $ US.

Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 0,73 $US. Les revenus, pour leur part, ont progressé de 19,8 % à 19,5 milliards $ US.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice ajusté par action de 0,53 $ US et des revenus de 17,9 milliards $ US, selon la firme de données financières LSEG.

L’action de Couche-Tard gagnait 9,97 $, ou 12,12 %, à 92,23 $ en avant-midi à la Bourse de Toronto.

Entreprises mentionnées dans cet article : (TSX : ATD)

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste