Économie

Confronté aux difficultés du secteur, BMW prévoit 8000 suppressions de postes

Quelque 40 000 des 85 000 salariés de BMW en Allemagne, hors personnels de production, recevront à partir d’octobre une offre de départ volontaire.

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Le logo BMW est visible sur une voiture BMW le 20 mars 2019 à Munich, en Allemagne (AP Photo/Matthias Schrader) Le logo BMW est visible sur une voiture BMW le 20 mars 2019 à Munich, en Allemagne (AP Photo/Matthias Schrader)

Nouveau coup de massue pour l’automobile allemande : BMW prévoit de supprimer environ 8000 emplois d’ici fin 2027 via un vaste programme de départs volontaires, dernière illustration de la crise qui frappe le secteur face à la montée en puissance des constructeurs chinois.

Quelque 40 000 des 85 000 salariés de BMW en Allemagne, hors personnels de production, recevront à partir d’octobre une offre de départ volontaire.

«Les effectifs seront au final réduits d’environ 8 000 personnes d’ici la fin 2027. Nous travaillons sur cette base», a indiqué à l’AFP une source au sein de BMW informée de ce plan.

Le plan a été conclu entre la direction et les représentants du personnel à l’issue d’environ six semaines de négociations, selon cette source.

«Cette fois-ci, il s’agit d’une modification fondamentale des règles du jeu de notre industrie et, par conséquent, des fondements mêmes de notre modèle économique», a expliqué le président du directoire Milan Nedeljkovic aux salariés, selon une source participant à la réunion.

Le constructeur estime que le protectionnisme, la concurrence accrue et les transformations profondes du marché vont durer, ce qui impose d’accélérer les efforts visant à «simplifier les structures et processus» et «réduire les coûts afin de restaurer la compétitivité», gage de meilleure rentabilité, selon M. Nedeljkovic.

Le service de presse de BMW a confirmé l’existence d’un programme de restructuration visant les personnels administratifs du groupe, sans toutefois en préciser l’ampleur.

BMW «réagit aujourd’hui à l’effondrement du marché chinois tout en travaillant parallèlement à renforcer la compétitivité de ses sites allemands», a expliqué de son côté Horst Ott, directeur régional du syndicat IG Metall en Bavière, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Il a souligné que le plan reposait sur des départs volontaires, la rotation naturelle et les dispositifs de préretraite à temps partiel, sans remise en cause des accords collectifs.

Aussi, M. Ott appelle le gouvernement allemand à «ne pas toucher» à ces dispositifs de préretraite, jugés essentiels pour éviter les licenciements économiques.

Dégradation en Chine

Confrontés à une série de défis — baisse de la demande, concurrence chinoise, pression sur les marges des véhicules électriques et coûts de production élevés —, les constructeurs et équipementiers automobiles allemands annoncent tour à tour d’importantes restructurations.

Volkswagen, premier groupe européen, envisage jusqu’à 100 000 suppressions de postes, Porsche va faire partir 5000 personnes, tandis que le rival direct de BMW dans le haut de gamme, Mercedes-Benz, a également lancé un programme de départs volontaires.

BMW, qui emploie environ 154 000 personnes dans le monde, réserve son programme de réduction d’effectifs aux salariés occupant des fonctions administratives.

Selon une source proche du dossier, le plan devrait entrer en vigueur en octobre et pourrait grever de plusieurs centaines de millions d’euros les résultats du second semestre, le montant exact dépendant du nombre de salariés participants.

Longtemps considéré comme plus résilient que ses concurrents grâce à son choix de maintenir une large offre de véhicules thermiques tout en développant une gamme nouvelle dans l’électrique, le groupe BMW a été néanmoins contraint en juin d’abaisser ses prévisions de rentabilité après une nouvelle dégradation de ses activités en Chine.

Ses livraisons dans ce pays, son premier marché, ont chuté de 30% sur un an au deuxième trimestre, après avoir atteint en 2025 leur plus bas niveau depuis 2017.

Pression sur les coûts

Selon le cabinet EY, si l’industrie allemande a supprimé 124 000 emplois l’an dernier, les pertes de postes étaient surtout concentrées dans l’automobile, un secteur clé d’une économie allemande globalement à la peine.

Dans le même temps, les constructeurs allemands renforcent leur présence dans des pays à coûts plus faibles, comme la Hongrie, où BMW a récemment ouvert une nouvelle usine et où Mercedes-Benz vient d’agrandir son site de Kecskemét.

«Nous devons continuer à tout mettre en œuvre pour réduire les coûts afin de proposer nos produits de qualité à des prix compétitifs», déclarait mardi le président du directoire de Mercedes-Benz, Ola Källenius, dans le cadre du lancement d’une «offensive de productivité» en Allemagne.