Économie

Cinq choses à surveiller dans le monde des affaires canadien en 2026

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Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis devraient être un enjeu majeur pour les entreprises en 2026. Les drapeaux canadien et américain flottent près du pont Ambassador, à la frontière canado-américaine à Windsor, en Ontario, ... Des drapeaux canadien et américain flottent près du pont Ambassador, au poste frontalier canado-américain de Windsor, en Ontario, le samedi 21 mars 2020. LA PRESSE CANADIENNE (Rob Gurdebeke)

Les enjeux commerciaux ont fait la une des journaux canadiens en 2025, mais le marché boursier a semblé ignorer les difficultés économiques, atteignant des sommets historiques.

À l’aube de 2026, le commerce restera au centre des préoccupations, mais la nouvelle année apportera également de nouveaux défis, Ottawa cherchant à apporter des changements fondamentaux à l’économie.

Voici cinq choses à surveiller dans le monde des affaires canadien en 2026:

Commerce

Le président américain Donald Trump et ses droits de douane ont été le sujet principal de l’année 2025, et cela ne devrait pas changer en 2026, puisque l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique fait l’objet d’un réexamen officiel.

Avant les négociations, les États-Unis ont indiqué qu’ils envisageaient un meilleur accès au marché pour leurs produits laitiers. Le Canada subit également des pressions pour abroger la Loi sur la diffusion continue en ligne et la Loi sur les nouvelles en ligne, et pour mettre fin aux interdictions provinciales de distribution d’alcool américain.

L’économiste principale de la CIBC, Katherine Judge, estime que Donald Trump reconnaît les avantages de l’accord commercial et que, malgré ses fanfaronnades, le président américain ne le rompra pas.

President Donald Trump talks to the media as he walks to Marine One from the White House, Friday, Dec. 19, 2025, in Washington. (AP Photo/Julia Demaree Nikhinson, File) Le président Donald Trump s'adresse aux médias alors qu'il se rend à pied à Marine One depuis la Maison-Blanche, vendredi 19 décembre 2025, à Washington. AP Photo (Julia Demaree Nikhinson)

«Nous pourrions maintenir certains droits de douane dans des secteurs déjà en vigueur, comme l’automobile et le bois d’œuvre, mais nous sommes convaincus que le président Trump y voit un intérêt», a-t-elle mentionné au sujet de l’accord.

Selon Mme Judge, le locataire de la Maison-Blanche a intérêt à conclure les négociations commerciales avant les élections de mi-mandat aux États-Unis, car le coût des droits de douane américains commence à se répercuter sur les prix à la consommation.

Projets d’infrastructure nationale

Le premier ministre Mark Carney a fait de grandes promesses concernant les projets d’infrastructure nationale et l’année 2026 nous dira s’il est en mesure de les concrétiser.

Le gouvernement fédéral a annoncé un accord avec l’Alberta pour soutenir la construction d’un nouvel oléoduc et un autre avec l’Ontario pour faciliter le développement de projets d’exploitation de minéraux essentiels dans la région du Cercle de feu de la province.

Toutefois, le véritable défi pour 2026 sera de concrétiser la volonté du Canada de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux États-Unis.

Marchés

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a atteint des sommets historiques en 2025, porté par la vigueur du secteur financier, la flambée du prix de l’or et Shopify.

Ces gains sont survenus alors que l’engouement suscité par l’intelligence artificielle (IA) et les investissements nécessaires à la construction et à l’exploitation des centres de données requis par cette technologie ont également propulsé les marchés boursiers américains à des niveaux records.

Macan Nia, costratège en chef des placements chez Investissements Manuvie, ne prévoit pas le même niveau de rendement pour 2026, mais estime que le potentiel de croissance demeure.

«Les facteurs qui ont permis d’atteindre des rendements de l’ordre de 25 % cette année seront toujours présents l’an prochain. Ils ne pourront simplement pas se manifester avec la même intensité, car les valorisations sont plus délicates», a-t-il expliqué.

M. Nia estime que les comparaisons avec la bulle Internet des années 2000 sont prématurées. Selon lui, même si les dépenses en IA ralentissent, cela ne devrait pas suffire à provoquer une récession plus importante susceptible de déclencher un marché baissier.

Immobilier

Les ventes de maisons au Canada ont commencé à se redresser vers la fin de l’année, après une période de faiblesse persistante.

D’après Mme Judge, 2026 sera une année de transition pour le marché immobilier, l’incertitude économique liée aux négociations sur le libre-échange avec les États-Unis et le Mexique continuant de peser sur le marché.

«Nous ne prévoyons pas de reprise durable avant le second semestre», a-t-elle souligné, tout en précisant que la situation devrait s’améliorer en 2027.

Une femme passe devant une maison à vendre à Montréal, le vendredi 4 mars 2022.
Une femme passe devant une maison à vendre à Montréal, le vendredi 4 mars 2022. (Graham Hughes/Graham Hughes | La Presse canadienne)

La construction de nouveaux logements était une promesse majeure des élections fédérales, et Mme Judge constate une reprise de la construction de nouveaux logements locatifs.

«Ce n’est évidemment pas quelque chose qui peut se faire du jour au lendemain. Je pense que nous progressons dans la bonne direction, mais la demande latente est immense», a-t-elle précisé.

Négociations dans le secteur automobile

Les conventions collectives d’Unifor avec les grands constructeurs automobiles américains seront renégociées en 2026. Le syndicat a obtenu des avancées lors des dernières négociations en 2023, mais la situation a changé. Le président américain Donald Trump souhaite développer l’industrie automobile américaine, même au détriment des activités canadiennes.

Ces négociations surviennent après l’annonce par Stellantis du transfert de la production prévue de son Jeep Compass de Brampton, en Ontario, vers l’Illinois. Stellantis ajoute un troisième quart de travail à l’usine d’assemblage de Windsor, mais aucun remplacement n’a été désigné pour l’usine de Brampton.

General Motors, qui a annoncé son intention de supprimer le troisième quart de travail à son usine d’Oshawa, aussi en Ontario, a également mis fin à la production de sa fourgonnette de livraison électrique BrightDrop à son usine d’assemblage CAMI d’Ingersoll, après avoir constaté que le marché des véhicules électriques s’était développé beaucoup plus lentement que prévu. L’entreprise a souligné que l’évolution du contexte réglementaire et la suppression des crédits d’impôt aux États-Unis avaient rendu l’activité encore plus difficile.

La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, a mentionné qu’il régnait une grande incertitude à l’approche des négociations cette année, mais que le syndicat s’efforcerait de protéger les emplois canadiens.

«Nous devons continuer à progresser pour les travailleurs et travailleuses malgré les défis qui nous attendent», a-t-elle affirmé.

Craig Wong

Craig Wong

Journaliste