Économie

Cinq choses à savoir sur Anthropic avant son entrée en Bourse

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ARCHIVES – Le site web d'Anthropic photographié à New York le 26 février 2026. (Photo AP/Patrick Sison) Le site web d'Anthropic photographié à New York le 26 février 2026. (Patrick Sison)

Créé il y a cinq ans seulement, le grand rival d’OpenAI dans l’intelligence artificielle (IA), Anthropic, est attendu pour ses débuts à Wall Street dans les semaines à venir, opération qui pourrait détrôner SpaceX au sommet des plus importantes entrées en Bourse de l’histoire.

Voici cinq choses à savoir sur la start-up de San Francisco.

Une émanation d’OpenAI

Anthropic a été fondé en 2021 par d’ex-cadres d’OpenAI estimant que le futur géniteur de ChatGPT n’accordait pas assez d’importance aux risques de l’IA.

Leur chef de file était Dario Amodei, ancien vice-président d’OpenAI, où il avait développé la recherche sur la sûreté des modèles d’IA et leur alignement avec les valeurs humaines.

Parmi les sept co-fondateurs d’Anthropic figure également la sœur de Dario Amodei, Daniela, actuellement présidente de la société, dont son frère est directeur général.

L’entreprise, dont le nom signifie «dû à l’activité humaine», compte environ 5000 salariés, selon la base de données PitchBook.

Priorité aux programmeurs

À la différence d’OpenAI, qui a pivoté vers le grand public avec le lancement de ChatGPT en novembre 2022, Anthropic a d’entrée positionné son IA, baptisée Claude, comme un outil de travail pour programmeurs et entreprises.

Encore distancé par OpenAI fin 2025, Anthropic a vu son chiffre d’affaires annualisé dépasser celui de son concurrent cette année, pour atteindre 65 milliards de dollars, selon plusieurs médias américains. Jamais une société n’avait affiché de tels revenus après cinq ans d’existence seulement.

L’émergence des agents IA, capables notamment d’écrire un programme, de le tester et de le corriger seuls, a fait bondir l’utilisation de Claude par les professionnels, davantage prêts à payer pour ce service que les utilisateurs de ChatGPT.

Depuis le tournant de l’année, OpenAI a d’ailleurs fait de la clientèle entreprise une priorité et refait depuis une partie de son retard. Pris en grippe par Trump

S’affichant comme différente des autres grands acteurs de l’IA, Anthropic s’est erigée en gardienne de principes forts autour de la sécurité de l’IA et de son calibrage éthique.

Elle a notamment refusé que le ministère américain de la Défense, client de marque, utilise sa technologie pour de la surveillance de masse des populations américaines ou pour des attaques mortelles.

Irrité par cette posture, le gouvernement Trump a mis fin, en février, à tous les contrats le liant à la start-up, qu’il a inscrite sur une liste d’entreprises «à risque» pour la sécurité nationale des États-Unis.

Anthropic a contesté ces décisions devant les tribunaux, qui n’ont pas encore tranché sur le fond.

Ce dossier, ainsi que les prises de position publiques de Dario Amodei, notamment sur les dangers de l’IA, ont crispé de nombreux conservateurs, de la Maison-Blanche aux rangs de la Silicon Valley.

Besoin d’argent

Le développement et l’utilisation des modèles d’IA nécessitent des puissances de calcul inédites dans l’histoire de l’informatique, a fortiori pour une entreprise engagée dans une course échevelée à l’intelligence artificielle de pointe.

Depuis sa création, Anthropic a déjà levé 127 milliards de dollars, dont 65 milliards lors de son dernier tour de table en mai, pour une valorisation globale de 965 milliards à l’époque.

Le rythme de croissance de la société est tel que les ressources du capital-investissement ne suffisent plus.

Direction Wall Street

Selon plusieurs médias, Anthropic devrait griller la politesse à OpenAI et entrer en Bourse dans les prochaines semaines.

Malgré ses démêlés avec le gouvernement Trump et la montée en puissance des modèles ouverts, c’est-à-dire modifiables et téléchargeables à la différence de Claude, le groupe reste considéré comme le mieux positionné dans la bataille de l’IA.

Il compte bien capitaliser sur cette aura et ambitionne de lever 100 milliards de dollars, soit nettement plus que le récent record de 86 milliards établi par SpaceX en juin, avec une valorisation colossale de 2000 milliards de dollars.

C’est un pari pour les investisseurs, car bien qu’affichant une croissance exponentielle, Anthropic ne prévoit pas d’être rentable avant 2029 et devrait, d’ici là, investir encore des dizaines de milliards de dollars dans ses infrastructures.